87° District, Ed McBain

Cette chronique est un peu spéciale. Elle traite d’un auteur que j’ai appris à apprécier peu à peu, et qui mérite quelques lignes de présentation.

Si, dans quelques années, des historiens ou des sociologues veulent savoir comment on vivait à New York en 1950 et 2000, ils peuvent faire l’impasse sur tous les essais du monde et se « contenter » de lire la série écrite par Ed McBain consacré aux flics du 87° District. En une cinquantaine d’ouvrages, écrits entre 1956 et 2002, il fait le portrait de la ville et de ses habitants en toutes saisons, par tous temps et à toutes les époques. Ses intrigues passent en revue tous les délits possibles et imaginables, et se déroulent dans tous les secteurs de la société new-yorkaise, scannant ses évolutions économiques, morales, sociologiques … Le tout au travers de romans qui, grâce à un sens époustouflant du dialogue et une maîtrise parfaite de la construction laissent une impression, ô combien trompeuse, de facilité.

A cause justement de cette facilité apparente, il peut être difficile d’appréhender la grandeur de cette saga à la lecture d’un volume isolé. Je plaide coupable. Je me souviens encore du premier McBain que j’ai lu, il s’agissait d’Isola Blues, j’avais bien aimé, mais cela ne m’avait pas marqué plus que cela. Devant l’engouement de maîtres du polar qui le cite comme la référence, je fis un excellent achat : Un des 8 volumes que les éditions Omnibus consacrent à l’intégrale du 87° District. Le bon choix.

Au deuxième ou troisième roman on est devenu familier des personnages, on commence à percevoir l’immensité du tableau complet, et on devient accro. On est alors comme le chercheur d’or qui vient de découvrir une veine particulièrement riche : Plus de cinquante romans à découvrir ! Depuis, j’ai toujours sur ma table de nuit un recueil en cours, histoire de pouvoir prendre des nouvelles de Steve Carella, Meyer Meyer, Willis, Brown, Kling … et les autres si le besoin se fait trop pressant. J’attaque ici le Volume 4. Ils peuvent tous se lire indépendamment.

La rousse est un opus hivernal écrit en 1968, dominé par la figure d’un des plus grands adversaires du 87° District, le Sourd. C’est également un opus d’une tonalité humoristique, qui voit les pires enchaînements d’emmerdes tomber sur les têtes de nos flics préférés, à commencer par celle du pauvre Carella. L’ennui, quand on se replonge dans McBain, c’est qu’on n’a plus envie d’en ressortir. Grâce à un effort de volonté surhumain, je suis passé à autre chose. Mais le Volume 4 reste là, à portée de main …

Ed McBain / La rousse (Fuzz, 1968) Omnibus, série 87°district Vol 4, (2003), traduction de l’anglais (USA) par D. May.

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