Christopher Moore fait du Neil Gaiman

Un nouveau roman de Christopher Moore ! Chouette. Quelques heures de bonne humeur en perspective !! Bon il faut d’abord passer l’obstacle d’une couverture absolument hideuse (voir ci-contre). Pas de problème pour le fan que je suis (ce sera peut-être plus dur pour ceux qui découvriraient cet auteur). Et là surprise. Certes la bonne humeur est au rendez-vous, mais j’ai du me pincer plusieurs fois, et revérifier. Pas de doute, à moins d’une grossière erreur de l’éditeur, il s’agit bien d’un roman de Moore. J’étais pourtant persuadé d’être tombé sur un Neil Gaiman. Un coup d’oeil sur l’intrigue, et j’y reviens :

Charlie Asher a tout du bonhomme moyen à qui rien d’exceptionnel n’arrivera jamais. Il est comblé par son boulot pépère, une femme qu’il adore, et la venue prochaine d’une fille. Le jour de la naissance tout s’écroule : Rachel meurt juste après l’accouchement, Charlie voit dans sa chambre un grand type habillé en vert que personne d’autre n’a vu passer, et le voilà seul, avec le bébé et son chagrin. Quelques jours plus tard, il apprend qu’il est devenu un sbire de la Mort, chargé d’aider les âmes des défunts à trouver un nouveau réceptacle. Comme si cela ne suffisait pas, il semblerait que parmi les nombreux sous-fifres il ait un rôle spécial dans le combat à venir entre la lumière et les Ténèbres. Lui, Charlie Asher, revendeur d’objet d’occase ! Heureusement il sera aidé par l’Empereur de San Francisco et son armée, une ado gothique, un géant habillé en vert, un flic désabusé, une armée d’écureuils empaillés, deux molosses un peu hors normes … et bien entendu, sa chère fille.

Je persiste donc, on dirait bien un roman de Neil Gaiman. Même point de départ : un homme ordinaire pris dans la bataille entre des divinités anciennes ; des affreux vraiment méchants et effrayants mais en même temps bêtes comme leurs pieds (comme dans Neverwhere) ; des personnages secondaires très  « gaimaniens » comme ce clodo qui se prend pour l’Empereur de San Francisco ; le mélange entre les mythes anciens et le matérialisme actuel, deux cerbères qui semblent sortis tout droit de De bons présages … Vraiment étonnant.

Et très réussi, parce que ressembler à du Neil Gaiman n’est pas donné à tout le monde, et est forcément, un gage de qualité. Même si on éclate moins de rire que dans Un Blues de coyote ou Le lézard lubrique de Melancholy Cove, on sourit souvent, et on est même souvent ému par l’approche très sensible de la mort d’un proche (ça aussi c’est plutôt gaimanien). C’est dans l’absurdité des dialogues que l’on retrouve le plus le précédent style Moore, ce sont également les réparties décalées qui amènent les quelques éclats de rire. En résumé, c’est différent, mais tout bon, à lire le sourire aux lèvres. Et cela amènera peut-être les fans de Gaiman à découvrir Moore, et ceux de Moore à lire Gaiman.

Christopher Moore / Un sale boulot (A dirty work, 2006), Calmann-Lévy (2007), traduit de l’anglais par (USA) par Luc Baranger

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