Grazia Verasani, Vite et nulle part

Vite et nulle part est le second roman que l’italienne Grazia Verasani consacre à Giorgia Cantini, la quarantaine solitaire, privée dans la belle ville de Bologne. J’étais passé complètement à côté du premier, Quo Vadis, Baby ? Malgré mon attirance, non pas pour les privées bolognaises (je n’e connais aucune), mais pour les polars italiens.

Allez savoir pourquoi, ce coup-ci, j’ai marché, comme un seul homme, et suis prêt à entrer dans le fan-club de Giorgia.

Giorgia Cantini n’est pas politiquement correcte. Elle fume, picole, et écoute de la musique qui fait du bruit pour supporter la solitude … et ses semblables, ce qui n’est pas forcément si paradoxal. En ce début d’été torride, elle est contactée par un jeune femme qui s’inquiète de la disparition de sa plus proche amie. Cela fait presque deux semaines qu’elle ne la voit plus. Les deux amies sont des prostituées de luxe, et Van a disparu juste après une soirée privée plutôt calme, chez des notables.

Ce n’est certainement pas l’intrigue, cohérente mais assez relâchée, qui m’a convaincu. Elle n’est là que comme un prétexte à trois beaux portraits. Tout d’abord celui de deux femmes. Giorgia, une privée comme on les aime, obstinée, grande gueule, forte, fragile, doutant de tout, et surtout d’elle-même, fidèle à sa jeunesse et hantée par ses morts … Un vrai personnage de polar, dans la grande tradition.

Celui de Van ensuite, la victime, que l’on découvre au travers des témoignages de ceux qui l’ont connue, et au travers de ses écrits. Une femme qui perd son âme, peu à peu, pour l’échanger contre un ailleurs factice, que nous vendent télés et publicitaires.

Et celui de Bologne pour finir, ville qui n’en finit pas d’enterrer un passé populaire et contestataire et qui se transforme, comme beaucoup de villes européennes, en belle ville pour touristes et habitants fortunés. Une bien belle balade nostalgique, et de bien beaux personnages.

Grazia Verasani / Vite et nulle part  (Velocemente da nessuna parte, 2006). Métailié/Noir (2008). Traduit de l’italien par Anaïs Bokobza.

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