Jo Nesbo sans souci.

J’ai lu les Jo Nesbo un peu en vrac, commençant par le premier, L’homme chauve-souris, lors de sa réédition en poche, puis poursuivant un peu n’importe comment, avec L’étoile du Diable, puis Rouge-Gorge, les cafards et le dernier Le sauveur. Je ne m’étais même pas rendu compte, étourdi que je suis, qu’il m’en manquait un, qui se situe entre Rouge-Gorge et l’Etoile du Diable. Maintenant ça y est, j’ai tout lu, je peux combler les manques dans la méta-intrigue qui court de Rouge-Gorge au Sauveur.

Dans Rue Sans-Souci donc, Harry Hole se retrouve confronté à deux enquêtes. L’une, officielle, concerne une série de braquages effectués par un homme seul et particulièrement audacieux qui, lors de son premier forfait, a abattu une caissière uniquement parce que le chef d’agence mettait trop de temps à ouvrir le coffre. L’autre officieuse et beaucoup plus dérangeante pour lui, porte sur la mort d’Anna, une de ses anciennes amantes qui s’est suicidée. L’ennui est que la nuit du drame, Harry était chez elle, et qu’il s’est réveillé chez lui le lendemain avec une terrible gueule de bois, sans aucun souvenir de ce qu’il avait fait de sa soirée. Quand il commence à recevoir des mails d’un mystérieux correspondant qui sait qu’il était sur place … Tout cela, en continuant à chercher la vérité sur la mort de son ancienne collègue, Ellen (Voir Rouge-Gorge). Il doit de plus compter sur l’hostilité pour ne pas dire plus d’une partie de sa hiérarchie, et surtout sur la guerre de plus en plus impitoyable qu’il se livre avec Tom Waaler, brillant policier qui monte qui monte … et veut sa peau.

On a là du grand Nesbo. Harry que l’on aime chaque fois un peu plus se retrouve dans une situation absolument dramatique, pour notre plus grande joie (inquiète). La galerie de personnages secondaires s’enrichit, avec la première apparition de Beat Lønn, spécialiste de l’analyse des vidéos qui a une mémoire des visages phénoménale, et la figure inoubliable, à la fois fascinante et inquiétante, de Raskol, flamboyant truand tzigane. Et surtout, il y a la marque de fabrique Jo Nesbo, ses intrigues à rebondissements, et son sens incroyable du suspense, qui s’appuie sur un montage au millimètre des scènes les plus tendues. La scène d’ouverture et celle qui clôt l’intrigue sont à ce titre particulièrement réussies. Six cent pages que l’on lit d’une traite, et qui laissent ouvertes des questions qui trouveront une réponse dans le roman suivant …

Pour les curieux voici l’ordre chronologique des aventures de Harry Hole :

  • L’homme-araignée (Gaia puis réédité chez folio policier)
  • Les cafards (Gaia puis réédité chez folio policier)
  • Rouge-Gorge (Gaia puis réédité chez folio policier)
  • Rue Sans-Souci (Gaia puis réédité chez folio policier)
  • L’étoile du Diable (Série Noire, la nouvelle, en grand format)
  • Le Sauveur (Série Noire, la nouvelle, en grand format)

Pour ceux qui voudraient en savoir un tout petit peu plus sur Nesbo, le site bibliosurf publie une interview réalisée par internet. On ne peut pas dire que le maître soit du genre expansif, mais on y apprend quand même deux ou trois petites choses, la plus importante étant peut-être que la série continue.

Jo Nesbo / Rue sans-souci (Sorgenfri, 2002), Folio Policier (2007), traduit fu norvégien par Alex Fouillet

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