Kris Nelscott, Les faiseurs d’anges

Il est des gens qui agacent. Kris Nelscott, alias Kristine Grayson, alias Kristine Kathryn Rush de son vrai nom est de ceux-là.

Sous son vrai nom, elle publie et écrit de la SF et de la fantasy, avec un certain succès puisqu’elle a réussi à recevoir le prix Hugo en tant d’auteur et en tant qu’éditeur.

Sous le pseudo de Kris Nelscott elle a reçu le prix Ellery Queen, et a créé le privé noir Smokey Dalton, témoin privilégié des bouleversements de la société américaine dans les années qui suivent immédiatement l’assassinat de Martin Luther King. Smokey a recueilli Jimmy, un orphelin d’une dizaine d’années qui a vu l’assassin de Luther King. Or le meurtrier n’est pas celui que la police a « trouvé » et le FBI est sur les traces de Jimmy pour l’éliminer. Smokey et Jimmy ont fuit Memphis pour se cacher à Chicago, sous un faux nom.

Les faiseurs d’anges est le quatrième volume de la saga. 1969, Chicago. Smokey Dalton rentre chez lui avec son amie quand il entend du bruit dans l’appartement d’en face. Ils poussent la porte et trouvent une jeune femme qu’il ne connait pas en train de se vider de son sang. Ils réussissent à l’amener aux urgences de l’hôpital le plus proche où le médecin de garde ne veut pas s’en occuper avant qu’elle ne lui dise si elle est victime d’une fausse couche ou d’une avortement clandestin. Smokey est noir, la victime également, mais l’amie de Smokey est blanche et très riche ; elle fait plier le toubib. A la demande de sa voisine, qui est la cousine de la jeune femme, Smokey va se lancer à la recherche du boucher qui l’a ainsi massacrée, ainsi que de l’homme qui l’avait violée. Une enquête difficile, dans des rues de plus en plus dangereuses, où les gangs et la police se livrent une guerre sans pitié.

Kris Nelscott poursuit sa chronique du racisme ordinaire aux lendemains de l’assassinat de Martin Luther King. Comme dans le précédent, misère, racisme, main mise de plus en plus forte des gangs sur les rues du ghetto, et violences policières forment la toile de fond de ce nouveau polar. L’accent est ici mis sur la situation des femmes, comme beaucoup trop souvent victimes à la fois de la violence masculine et de l’hypocrisie d’une société rigide et religieuse. Une société qui ne les défend pas quand elles sont violées, puis les criminalise quand elles veulent avorter. A déconseiller aux amateurs d’intrigues serrées, Kris Nelscott prend son temps, ne craint pas les digressions pour décrire un quartier, ou s’intéresser au sort d’une gamine que l’on ne verra plus, avant d’accélérer le rythme dans le final. Chaudement recommandé à tous ceux qui aiment les personnages fouillés, et qui apprécient de sentir une atmosphère, un lieu, et un moment historique particulier.

Kris Nelscott / Les faiseurs d’anges (Stone Cribs, 2003), L’auba Noire (2007), traduit de l’anglais (USA) par Pierre Serisier

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