Terry Pratchett, encore et toujours

Terry Pratchett est un génie. Son traducteur Patrick Couton également. Ses Annales du Disque-Monde la chronique la plus déjanté, la plus drôle, la plus inventive et la plus … fidèle, de notre propre monde complètement foutraque. Nous avons ici, avec Un chapeau de ciel un œuvre hybride qui, sans faire partie de la série, se déroule dans son univers. Résumé : Tipahine Patraque doit quitter ses collines pour aller faire son apprentissage de sorcière. Un apprentissage assez peu glamour puisqu’il se résume la plupart du temps à aider des vieux tous seuls, remplacer une sage-femme absente, ou aider à mettre des veaux au monde. De magie, point. Mais Tiphaine ne sait pas qu’une entité vieille comme le monde la suit à la trace. Une entité qui élit domicile dans ses victimes, et finit par les rendre folles avant de les tuer. Une entité qu’il est impossible d’arrêter. Heureusement, les Nac mac feegle, petits « lutins » très costauds et très bagarreurs la connaissent cette entité, et ils sont prêts à tout pour sauver leur « ch’tite michante sorcieure ». Et puis, Mémé Ciredutemps veille aussi au grain.

Ce roman fait suite aux ch’tits hommes libres ne fait pas partie des Annales du disque-monde, mais en partage l’univers, et un des personnages vedette en la personne de Mémé. On y retrouve le même humour, la même humanité, la même façon de parler de notre monde et de ses tares en prétendant raconter des bêtises sur un monde magique flottant sur le dos d’une tortue. Passionnant, drôle et émouvant, comme toujours. Indispensable comme tous les écrits de cet anglais génialissime.

Un petit exemple de cet humour très british, d’autant plus savoureux qu’on a lu les autres romans, et qu’on connaît les personnages dont il est question.

« – D’après maîtresse Ciredutemps, tu dois apprendre que la sorcellerie consiste surtout à faire des choses ordinaires.
Et vous êtes obligée de suivre ce qu’elle dit ? demanda Tiphaine.
J’écoute ses conseils, répondit mademoiselle Niveau avec froideur.
– Maîtresse Ciredutemps est la sorcière en chef alors, c’est ça ?

– Oh non ! se récria mademoiselle Niveau d’un air scandalisé. Toutes les sorcières sont sur un pied d’égalité. On n’a rien qui ressemble à des sorcières en chef. C’est tout à fait contraire à l’esprit de la sorcellerie.
– Oh, je vois, fit Tiphaine.
– Et puis, ajouta mademoiselle Niveau, maîtresse Ciredutemps ne permettrait pas une chose pareille. »

Terry Pratchett / Un chapeau de ciel (A hat full of sky, 2004) / La dentelle du cygne (2007), traduction de l’anglaus de Patrick Couton

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s