Croco-deal, le nouveau Carl Hiaasen

« Eh bien, il semblerait que j’essaie de corriger la race humaine dans son intégralité, un connard après l’autre ». Et oui, Honey Perry, propriétaire d’un mobil home en bordure du Parc des Everglades, Floride, USA, ne manque pas d’ambition. Et doit avouer que son projet avance assez lentement. Il faut dire qu’elle a la chance (ou le malheur) d’habiter une région où les connards en question ne manquent pas, et sont d’une qualité supérieure, surtout quand c’est le grand Carl Hiaasen qui leur donne vie !

Dans Croco-deal, Honey tente d’humaniser, entre autres, Boyd Shreave, mou, lâche, fainéant, content de lui, et, circonstance aggravante, télémarketeur. Et elle sait qu’elle part de loin car, comme elle le lui déclare sans chichi :

« Je vous donne ma voix pour l’oscar de la Tête de Con. Sans rire. »

Honey et Boyd ne sont pas les seuls cinglés qui vont se retrouver paumés sur une île au milieu du Parc. On trouve aussi :

Un métis séminole assez maladroit et très désireux de retrouver ses racines indiennes (mais tout aussi désireux de coucher avec l’étudiante blanche moitié cintrée qu’il enlève).

L’ex employeur d’Honey, obsédé sexuel agressif qui pue le poisson.

Des pénitents faisant partie de la « Première Assemblée Maritime Résurrectionniste de Dieu ». Voilà comment Hiaasen les présente : « Suant et soufflant, le pénitent d’avançait avec le grand sourire, la confiance en soi et la stupidité des bien-pensants. » Il repartira illico la queue entre les jambes, si je puis m’exprimer ainsi.

Plus une future ex-femme un peu givrée, une belle plante qui choisit mal ses conquêtes, un privé pas vraiment téméraire … Sans compter de nombreux moustiques, fourmis rouges, alligators, aigles pêcheurs et autres habitants naturels des marais.

Tout cela pourrait être juste un exercice de casse pipe un peu aigri, mais non. C’est que Hiaasen les aime ses personnages, du moins en aime-t-il certains. Et cela ce sent. D’ailleurs, comment ne pas aimer Honey ? Même son ex-mari, fatigué de subir ses emballements, ne peut la quitter vraiment car, comme il l’explique à leur fils :

« Personne ne dit qu’elle est normale, intervint Skinner, même pas elle. Mais il y a beaucoup trop de personnes soi-disant normales qui n’ont ni âme ni couilles ». Deux attributs dont les héros de Hiaasen sont abondamment pourvus. 

Alors embarquez dans le kayak foutraque d’Honey, profitez de la beauté d’un lever de soleil sur les Everglades, pourfendez la connerie, la mesquinerie et l’égoïsme. En un mot, lisez Hiaasen, et n’oubliez pas d’éclater de rire quand les méchants, les cons, les minables en prennent plein la tronche.

Carl Hiaasen / Croco-deal  (Nature girl, 2006), Denoël (2008). Traduction de l’américain par Yves Sarda.

PS. Je sais, ce résumé ne donne pas la moindre idée de l’intrigue. C’est normal, on ne résumé pas un livre de Carl Hiaasen. On le lit, et on rigole. Exécution !

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