Donald Westlake, Divine providence

Fred Fitch est un paratonnerre. Un paratonnerre à arnaques. Il suffit qu’un margoulin passe dans le coin, paf, il lui tombe dessus et le pigeonne. Pourtant Fred n’est ni cupide, ni idiot. Il est juste un tout petit peu trop enclin à faire confiance à ses semblables. Le jour où il hérite d’un oncle dont il n’avait jamais entendu parler, et se retrouve en possession de plus de 300 000 dollars, il se transforme en provocation vivante pour les escrocs de tout poil. Et sa vie devient très, très compliquée …

Rivages poursuit son travail de réédition des vieux polars de Westlake. Divine providence était paru en 1968 chez Gallimard sous le titre du Pigeon récalcitrant. La traduction a été revue, corrigée et surtout complétée. Les amateurs ne seront jamais assez reconnaissant à Rivages pour ce travail.

Divine providence est, encore, et au risque de me répéter, un petit chef d’œuvre de ce maître qui en a produit tant. Tous les amateurs de polar ont lu, ou vu, des histoires d’arnaques. Ce qui est nouveau c’est que Westlake, au lieu de s’attacher à suivre les arnaqueurs, leurs combines, et le montage de la grosse arnaque centrale, change de point d’observation et se place du point de vue de l’arnaqué. En imaginant juste une espèce d’arnaqué étalon, à qui tout, absolument tout, arrive. Effet comique assuré.

Sans compter les à côté, encore plus hilarants, qui étaient sans doute passé à la trappe lors de la première traduction (oui, à l’époque, d’après les spécialistes, on traduisait parfois à la tronçonneuse). Deux scènes d’anthologie, absolument inutiles pour comprendre le déroulement de l’intrigue, mais absolument géniales valent à elles seules l’achat de cette réédition :

La tentative de Fitch de s’échapper de chez lui en passant par le petit jardin de derrière : Vous y découvrirait une variation sur l’homme dans le placard, et l’utilisation inédite de ressorts, non pas de l’intrigue, mais métalliques (je sais, dit comme ça, cela parait obscur, mais lisez, vous verrez).

Le dialogue entre Fitch et la police new-yorkaise à qui il veut signaler un enlèvement. C’est plus simple en passant par le 22 à Asnières.

A lire, de toute urgence, comme le meilleur remède possible contre la morosité.

Donald Westlake / Divine providence  (God save the mark, 1967), Rivages noir (2008). Traduction de l’américain par France-Marie Watkins complétée par Patricia Christian.

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