Charlie Resnick

Comme le récent billet sur Traquer les ombres de John Harvey a semblé susciter une certaine curiosité pour Charlie Resnick, je vais vous resservir ici même un article écrit à l’origine pour le Dictionnaire des Littératures Policières de Claude Mesplède. La deuxième édition étant déjà fort copieuse, il n’avait pas été retenu. C’est vous qui en profitez, veinards que vous êtes.

Au début de sa saga, Charlie Resnick est inspecteur au CID (Criminal Investigation Department, équivalent de la PJ française) dans la ville de Nottingham. La quarantaine, toujours mal habillé (cravate tachée, chemise qui dépasse du pantalon …), ce grand bonhomme aux yeux sombres, un peu lourd pour sa taille, pas très sportif et souvent fatigué plait pourtant à bon nombre de femmes qui se savent jamais dire d’où vient son charme.

De son origine polonaise, il n’a gardé que le nom, le souvenir de parents et surtout de grands-parents parlant polonais, et ses entrées dans le club polonais de la ville, où il va se réfugier, pour boire quelques vodkas quand son moral est vraiment trop bas. Grand amateur de jazz, il soigne ses plaies en écoutant Billy Holliday, Lester Young, ou Thelonious Monk pendant qu’il nourrit les quatre chats trouvés, Miles, Bud, Dizzy et Pepper, qui partagent sa maison et sa vie, depuis son divorce après cinq ans de mariage sans enfants.

En bon célibataire, il se nourrit de sandwichs, qu’il aime compliqués, élaborés, et difficiles à manger, ce qui n’arrange pas l’état d’une garde robe déjà bien malmenée. C’est aussi un grand amateur de cafés serrés, qu’il aime prendre au comptoir d’une brûlerie italienne dans le marché couvert de sa ville.

Flic intuitif, sensible et humaniste, il ne se fait aucune illusion sur son rôle dans le société : il arrête les voleurs, violeurs, tueurs, bourreaux d’enfants, et excités d’extrême droite racistes et homophobes, mais sait parfaitement qu’il ne résout rien, et que le racisme, la misère, le chômage, la perte de valeurs et de repères de jeunes sans le moindre avenir sont une réalité forgée par des années du gouvernement Thatcher, et jamais démentie par la suite. Il ne peut que constater, désemparé, qu’il ne comprend plus rien aux gens avec qui il vit, même s’il sait bien quelle est la cause première des bouleversements de la société anglaise.

Pour compléter le tableau, cet humaniste, sauveur de chats perdus, pousse la bonté et le masochisme jusqu’à être le supporter de Nottingham County, la pire équipe de foot d’Angleterre.

Derniers sacrements (Last Rites, 1998) est sa dernière enquête, celle à l’issue de laquelle il finit par accepter de passer Inspecteur Divisionnaire et quitte la PJ pour un poste de coordination à la tête de la section des Crimes Majeurs.

 Now’s the time (Now’s the time, 1999), recueil de douze nouvelles, permet de retrouver quelques uns des personnages croisés au cours des dix romans de la série, et ajoute une touche finale à ce superbe tableau de la société anglaise des années 90.

Voici maintenant la série complète. C’est mieux, si possible, de la lire dans l’ordre. Tous les titres sont chez Rivages Noir. Les amateurs de jazz reconnaîtront quelques titres …

Romans :

Cœurs solitaires (Lonely hearts, 1989) Riv/N n°144. (1993) 

Les Etrangers dans la maison (Rough Treatment, 1990) Riv/N n°201. (1995) 

Scalpel (Cutting Edge, 1991) Riv/N n°228. (1995) 

Off Minor (Off Minor, 1992) Riv/N n°261. (1997) 

Les années perdues (Wasted Years, 1993) Riv/N n°299. (1998) 

Lumière froide (Cold Light, 1994) Riv/N n°337. (1999) 

Preuve vivante (Living proof, 1995) Riv/N n°360. (2000) 

Proie facile (Easy Meat, 1996) Riv/N n°409. (2001) 

Eau dormante (Still Water, 1997) Riv/N n°479. (2003) 

Derniers sacrements (Last Rites, 1998) Riv/N n°527. (2004)

Nouvelles :

Billie Blues ( Billie Blues, 2002) Riv/N Hors commerce (2002) 

Now’s the time (Now’s the time, 1999) Riv/N n°526. (2004) . 

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