DOA, le retour.

Avec Citoyens Clandestins, monumental thriller d’espionnage, DOA avait fait une entrée fracassante à la série noire. Il revient avec Le serpent aux mille coupures, sec comme un coup de trique, 200 pages d’adrénaline.

Moissac, près de Toulouse, verger du sud-ouest, pays où il fait bon vivre. Pas pour tout le monde. Pas quand on est le Nègre, l’Etranger qui, marié à une fille du pays, a osé reprendre une exploitation, et travailler, ici, comme s’il était du coin ! Alors de courageux vengeurs se sont levés pour tout faire pour que le macaque parte avec sa femme (la salope) et leur fille.

Ce soir là, dans le froid, c’est Baptiste Latapie qui s’y colle, et sabote quelques rangs de chasselas. Mauvaise pioche. Il tombe sur une rencontre étrange, entre trois patibulaires qui causent étranger, et un motard, blessé, qui les abat tous les trois avant de prendre la fuite. Le début d’un carnage qui va secouer la torpeur de ce coin de campagne.

Pas un mot de trop, un style sec et un rythme d’enfer, des chapitres courts qui passent d’un personnage à l’autre jusqu’au feu d’artifice final. Il suffit d’ouvrir le roman, ensuite les pages tournent toutes seules.

Pas beaucoup de gentils, de bons sentiments, ou de bonne conscience ici. DOA est méchant, c’est pour ça que les lecteurs de polar l’aiment. Il sait, mine de rien, braquer le projecteur sur les zones pas forcément reluisantes de notre beau pays, même, et surtout, quand elles se cachent derrière la raison d’état, une carte postale idyllique, ou une bonne conscience facile. Il le fait sans aucune pitié pour le lecteur. Ni pour certains personnages qui en prennent plein les dents. Et le lecteur ne peut s’empêcher de penser qu’ils l’ont quand même bien cherché !

Mais DOA est un faux méchant, c’est aussi pour ça que les lecteurs adorent ses livres . Il aime ses fragiles qui savent, au moment le plus inattendu, retrouver courage, force et fierté ; ceux qui persistent, envers et contre toute forme de connerie, ceux qui font ce qu’ils ont à faire, sans se soucier de l’opinion. Et bien entendu ses chevaliers, sans peur à défaut d’être sans reproche, un peu fajardiens par certains côtés.

Du pur plaisir, ristretto, comme on l’aime.

DOA  / Le serpent aux mille coupure, Série Noire (2009).

2 réflexions au sujet de « DOA, le retour. »

  1. Meyer Meyer

    Effectivement comme tu dis « les pages se tournent toute seules ». C’est une écriture diablement efficace. Mais au final le livre m’a quand m^me un peu déçu. Après les lectures de Citoyens clandestins et des deux Pukhtu, je devais certainement un peu trop attendre de ce livre. Mais arrêtons de faire la fine bouche j’ai dévoré le bouquin.

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    1. actudunoir Auteur de l’article

      C’est sûr qu’après Citoyens et les Pukhtu celui-là doit sembler un peu léger, bien moins dense. Juste une petite récréation entre deux monstres. Mais une récréation qui fonctionne très bien.

      Répondre

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