Un polar polonais.

Je n’avais pas du tout accroché au premier roman de la série de Marek Krajewski, Les fantômes de Breslau, mais, les polars polonais étant rares (voire rarissimes !), j’ai insisté avec le second volume qui vient de paraître, La peste à Breslau. Et même si je ne suis pas complètement enthousiaste, je ne regrette pas et attendrai la suite avec curiosité.

1923, Breslau en Pologne. Les corps de deux prostituées sont retrouvés dans un appartement dont le propriétaire a été séquestré par le meurtrier. L’enquête est confiée à Eberhard Mock, sergent-chef aux mœurs. Mock est un franc tireur. Totalement incontrôlable, célibataire, ils se saoule de temps à autre de façon effroyable et fréquente tous les bordels de la ville. De fait il aime bien les prostituées et déteste férocement les maquereaux. Il se consacre alors corps et âme à son enquête pour s’apercevoir rapidement qu’il s’est fait piéger et que sa propre vie est en jeu.

Ne lisez pas ce roman si l’enquête qui vous intéresse. Elle est ici plutôt survolée et n’est, de toute évidence, qu’un prétexte. Marek Krajewski fait semblant de ne rien prendre au sérieux. Ni l’intrigue, ni les personnages, ni le lieu … Il adopte un style qui tient de la fable grotesque, de la farce grinçante. Un style qui instaure d’emblée une distance entre le lecteur et ce qui est raconté. On se croirait un dans une scène de Cabaret, de ces scènes qui vous laissent une impression de quelque chose de malsain, sans qu’on puisse vraiment dire pourquoi.

L’écriture, mêlant joyeusement érudition et trivialité colle parfaitement à la description de cette ville fantasmagorique, peuplée de notables corrompus, de flics latinistes, de matons violents et de putes tristes. Je ne sais malheureusement de rien de Breslau, ni de son histoire dans l’entre deux guerres, ce qui ne me permet pas de juger de la pertinence de ce choix stylistique et de la peinture qu’en fait l’auteur.

Indépendamment de cela, même si le style peut éventuellement rebuter certains lecteurs, on ne peut dénier au roman ni sa force ni son originalité. Ce qui en fait déjà une lecture digne d’intérêt, à défaut d’en faire une lecture plaisante.

Marek Krajewski / La peste à Breslau, (Džuma w Breslau, 2006) Série Noire (2009), traduit du polonais par Margot Carlier et Maryla Laurent.

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