Des nouvelles du Mexique chez les Allusifs.

C’est un copain qui m’a conseillé de lire les petits polars de Gabriel Trujillo Muñoz. J’ai commencé par Tijuana city blues. Je le remercie du conseil.

Miguel Angel Morgado a déjà choisi un boulot pas facile : avocat défenseur des droits de l’homme à Mexico DF. Pas facile donc, mais carrément impossible, si vous avez chez vous des charpentiers menant un boucan d’enfer. C’est peut-être pour ça qu’il accepte immédiatement quand un des ouvriers lui demande de retrouver ce qu’est devenu son père. Tout ce qu’il en sait, il le doit aux souvenirs de sa mère morte récemment, et aux quelques photos qu’elle lui a laissé. On y voit le papa, d’origine américaine, en compagnie de deux gros bras, mais aussi de William S. Burroughs et de Jack Kerouac. Il a disparu en 1951, lors d’un échange de coups de feu entre trafiquants de drogue et flics à Tijuana.

J’ouvre une parenthèse tristement prosaïque pour évacuer tout de suite ce qui gène dans ce roman, et qui n’a strictement rien à voir avec la qualité littéraire du texte : 12,50 euros pour 88 pages, forcément, ça fait hésiter. J’imagine qu’il est impossible à la maison d’édition, Les allusifs de faire moins cher. Mais, je suis obligé de reconnaître qu’à part pour les bibliothèques, et les amoureux des livres (parce que l’objet est superbe), ça fait réfléchir. Fin de la parenthèse.

Sinon, on reste admiratif devant cette novella qui, sur un format aussi restreint, réussit l’exploit de :

  • planter le décor,
  • créer un personnage récurrent consistant (et pas seulement un archétype ou une caricature définis en deux phrases),
  • faire surgir une belle galerie de personnages secondaires,
  • last but not least, tricoter une intrigue qui tient la route et permet à l’auteur de parler autant du présent que du passé.

Ouf ! Bien des auteurs n’en font pas autant en plus de six cent pages.

En plus le style est à la fois efficace (on s’en doute) et truculent, et l’auteur réussit à émailler son récit de quelques digressions  fort bienvenues qui rajoutent au charme (parfois bien sombre) du roman. Je vais donc, de ce pas, lire les autres.

Gabriel Trujillo Muñoz / Tijuana city blues, (Tijuana city blues, 2006) Les allusifs/ ¾ polar (2009), traduit de l’espagnol (Mexique) par Gabriel Iaculli.

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