Elmore Leonard fait danser les femmes

Une petite douceur pour faire passer La route. Cette fois ce sont des nouvelles d’Elmore Leonard, rassemblées dans le recueil Quand les femmes sortent pour danser chez Rivages.

On y retrouve les femmes plutôt cool, pas victimes pour un sou, et qu’il vaut mieux d’ailleurs ne pas trop agresser si on ne veut se retrouver sous quelques pieds de béton, ou avec un balle dans la peau. Des femmes souvent plus entreprenantes, dignes et volontaires que les hommes auxquels elles ont affaire. On y trouve aussi un cascadeur, ancien cow-boy de rodéo et petit fils de Carl, le marshal du Kid de l’Oklahoma, un vétéran noir de la guerre hispano-américaine de Cuba qui se heurte au racisme d’une petite ville de l’ouest, un ancien joueur de base-ball pas vraiment vaillant qui cherche un boulot pas fatigant, et bien entendu des truands bas de front, bêtes comme leurs pieds, racistes et méchants comme des teignes, qui se font toujours mettre au tapis par des héros leonardiens cool en diable.

Vous connaissez tous les amandes enrobées de chocolat noir, ces tentations terribles qu’on ne peut s’empêcher de croquer, l’une après l’autre, sans s’arrêter, jusqu’à épuisement de la boite ? Et bien les nouvelles d’Elmore Leonard c’est tout pareil. Elles fondent sous la langue et craquent sous la dent, et on vient juste d’en finir une qu’on attaque la suivante, pour arriver à la dernière beaucoup trop vite. On retourne alors le bouquin dans tous les sens, on secoue, on tente de couper les pages en deux, mais rien à faire, yana plus.

Un recueil remarquable dans le sens où il couvre tout le spectre de l’œuvre du maître, de ses westerns très sombres à ses comédies les plus délirantes, et qu’apparaît alors de façon éclatante la cohérence de cette œuvre. Des personnages croqués en quelques lignes et qui prennent instantanément vie, des dialogues inimitables qui font mouche à tous le coups, une apparente simplicité et facilité, un auteur qui n’écrit jamais un mot de trop et s’efface toujours derrière ses personnages et les histoires qu’il raconte … Du grand art qui pousse la modestie, et le talent, jusqu’à paraître un simple artisanat.

Bref, un vrai plaisir, à avoir sous la main pour les coups de blues.

Elmore Leonard / Quand les femmes sortent pour danser, (When the women come out to dance, 2003) Rivages/Noir (2009), traduit de l’américain par Dominique Wattwiller.

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