Le retour du grand Pelecanos

J’avais été un peu déçu par le précédent roman de George Pelecanos (Les jardins de la mort), mais là je le retrouve, et j’en suis très heureux.

Washington D.C., par une chaude journée de 1972. Trois jeunes blancs, Billy Cachoris, Peter Whitten et Alex Pappas traînent leur ennui. Bières, pétard, voiture … Par bravade ils décident d’aller provoquer les noirs dans leur quartier. Une bêtise qui tourne mal quand ils tombent sur Charles Baker et les frères Monroe. Peter s’enfuit, Billy est tué et Alex reste défiguré. James Monroe et Charles Baker sont condamnés à des peines plus ou moins lourdes. Trente ans plus tard, Alex Pappas a repris le coffee shop de son père, et s’apprête à le céder à son fils aîné. Son plus jeune fils a été tué en Irak. James Monroe tente de refaire sa vie, et son frère Ray qui soigne les soldats blessés et amputés s’inquiète pour son fils basé en Afghanistan … C’est alors que Charles Baker, récemment sorti d’un de ses nombreux séjours en prison décide que les autres sont responsables du gâchis qu’est sa vie, et qu’ils doivent payer.

L’ami Jeanjean résume parfaitement ce nouveau roman sous le titre : George Pelecanos revient à ses fondamentaux. C’est exactement ça.

Revoilà le grand Pelecanos, le chroniqueur des quartiers populaires de Washington, le porte parole des humbles, des sans grades, de ceux qui essaient de s’en sortir, envers et contre tout. Des gens qui nous ressemblent finalement. Le grand Pelecanos que l’on aime tant, depuis qu’on a fait connaissance avec Peter et Dimitri Karras, avec Marcus Clay, avec Nick Stefanos avec Derek Strange …

Une fois de plus, il campe des personnages que l’on a l’impression de connaître au bout de quelques lignes, des personnages qu’il donne l’impression de croiser tous les jours tant ils sonnent juste. Et on retrouve tous ses thèmes de prédilection : la musique, le sport – et plus particulièrement le basket – la peinture des quartiers populaires « normaux », peuplés de gens ordinaires, et ce thème si présent dans son œuvre de la possibilité d’une rédemption, du droit à l’erreur et à une seconde chance.

Toujours en phase avec son époque, ce roman tourne également autour d’un nouveau type de personnages, peu présents jusque là, les nouveaux-anciens-soldats … Plus du Vietnam cette fois, mais d’Irak et d’Afghanistan. Avec les mêmes traumatismes, la même souffrance, les mêmes inquiétudes pour les proches. Et encore et toujours, ce ne sont pas ceux qui décident ces guerres qui y envoient leurs enfants. Comme d’habitude, aucun discours moralisateur, pas de thèse ou de pamphlet, juste la description « plate » de ces gamins et de leurs parents. Au lecteur d’en tirer les conclusions qu’il veut ou qu’il peut.

Un très bon Pelecanos.

George Pelecanos / Un jour en mai, (The turnaround, 2008) Seuil/Policiers (2009), traduit de l’américain par Etienne Menanteau.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s