Thierry Bourcy, 1915.

J’avais aimé la côte 512 de Thierry Bourcy puis, noyé sous l’avalanche des sorties, laissé passer les suivants. La rencontre avec ce très sympathique auteur lors du premier salon TPS m’a donné envie de me replonger dans la série. Voici donc l’arme secrète de Louis Renault.

Noël 1915. Célestin Louise ne s’attend absolument pas à bénéficier d’une permission. Il reçoit pourtant bien une lettre de son ancien patron à la tête de la police parisienne qui le rappelle pour dix jours loin du front. Sa précédente enquête l’a fait remarquer de l’état-major qui le réclame pour une affaire très embarrassante : Les plans d’un nouveau char ont été volés dans le coffre-fort de l’appartement de Louis Renault. Et bien entendu, les seules personnes à en avoir le code sont absolument insoupçonnables. Célestin revient donc à Paris et découvre le fossé qui existe, après plus d’un an de guerre, entre la vie frivole de la capitale et l’enfer vécu par les poilus. Un fossé qui ne pourra aller qu’en grandissant.

Si l’écriture de Thierry Bourcy, parfois un poil trop sage, ne révolutionnera pas le genre, ce deuxième volume confirme tout de même l’intérêt de cette très bonne série.

Pour commencer l’idée d’écrire un polar par année de guerre, et de montrer ainsi l’évolution de l’état physique et mental des soldats et des gens de l’arrière est excellente. Ensuite, son personnage de Célestin Louise existe vraiment et certains personnages secondaires commencent à prendre de l’épaisseur. Pour finir sur la forme, l’intrigue est bien menée.

Quant au contexte historique, comme dans le premier volume il est très bien rendu. Après les tranchées, Thierry Bourcy s’attache à décrire l’incompréhension totale entre ceux qui vivent l’enfer des tranchées, et ceux qui sont restés en arrière. Même ceux (et plus généralement celles) qui souffrent de la perte d’un frère, mari ou fils ne peuvent comprendre ce que vivent les poilus. Et le fossé est encore plus grand avec ceux qui continuent à profiter de la vie, voire dans certain cas, à exploiter la guerre.

En bref une très belle chronique, que je vais poursuivre sans trop attendre.

Thierry Bourcy / L’arme secrète de Louis Renault, Folio/Policier (2008).

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