Travailler moins pour surfer plus.

Plus cool que Boone Daniels, c’est pas possible. A côté de Boone le Big Lebowski fait figure de trader cocaïnomane. Mais attention, faut pas chercher Boone quand il est sur une vague ou avec se potes. Parce qu’il y a deux choses qui comptent pour lui : le surf et La Patrouille de l’aube, à savoir High Tide (samoan dépassant allègrement le quintal de muscle), Hang twelve (un môme), Dave le Dieu de l’amour (héros de San Diego, le Sauveteur et chouchou de ces dames) et Sunny Day (la flamboyante Sunny, qui surfe mieux que les hommes).

Pour assurer le minimum vital, juste le minimum, il est privé. Un bon privé même. Un privé qui fut flic, et démissionna après la disparition de la petite Rain qu’il ne put jamais retrouver. Aujourd’hui, alors que les conditions climatiques promettent La Vague dans moins de 48 heures, le meurtre d’une strip-teaseuse va peut-être lui fournir l’occasion de se racheter à ses propres yeux.

Du Don Winslow pur jus, dans la droite lignée de la série Neal Carey (il devient quoi Neal Carey ?). Pur plaisir donc. Pour une fois, moi qui y suis allergique, je suis bien obligé d’être d’accord avec la quatrième de couverture où Michael Connelly déclare « Don Winslow me fait penser à Elmore Leonard ». Car c’est bien au maître de Detroit qu’on pense ici : Mêmes types de personnages, avec des « héros » d’une coolitude exceptionnelle que l’on ne peut s’empêcher d’aimer instantanément, des malfrats bêtes à manger le foin de leurs bottes, mais très méchants quand même, une belle collection de cinglés, de l’humour, des dialogues qui claquent, et cette impression de facilité déconcertante.

Ajoutons une enquête bien fichue et un découpage dynamique qui ne laisse aucun temps mort, et nous amène, sans en avoir l’air vers un final haletant aux multiples suspenses : Boone va-t-il arrêter les méchants ? Sunny prendre La Vague sans se faire broyer ? La patrouille de l’aube va-t-elle résister aux épreuves ? Tout cela culminant en même temps et mené de main de maître.

Avec en prime un véritable chant d’amour à San Diego, à l’océan, aux vagues. Et un historique de la région qui n’oublie pas de mettre en avant la spéculation immobilière ou l’exploitation des travailleurs clandestins, sans jamais forcer le trait.

En ces époques de « travailler plus pour gagner plus », je ne vois pas de meilleur antidote que la lecture de La patrouille de l’aube dont le slogan évident est Travailler moins pour surfer plus.

Don Winslow / La patrouille de l’aube  (The dawn patrol, 2008), Le Masque (2009), Traduit de l’américain par Frank Reichert.

 

PS. Je sais, ça n’existe pas « coolitude ». Mais si Ellroy invente des mots, pourquoi pas moi ?

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