Célestin Louise en congé maladie.

Avec Le château d’Amberville Thierry Bourcy poursuit sa chronique policière de la guerre de 14. Après les tranchées, l’espionnage à Paris, il nous emmène cette fois au milieu des grands blessés.

1916, la guerre s’éternise. Avec ce qui reste de son régiment Célestin Louise, le flic parisien, est envoyé à Verdun. Dès le premier soir il est blessé et, après avoir été sauvé in extremis, est évacué au château d’Amberville, transformé par le comte en lieu de convalescence. Comme les autres blessés, Célestin tombe sous le charme de Laure d’Amberville, la fille du châtelain, jeune femme d’une beauté ensorcelante qui les soigne tous avec un dévouement admirable. Après quelques jours, un jeune caporal à qui on vient d’annoncer qu’il va retourner au front est trouvé mort dans l’étang du parc. Le juge qui ne veut aucun problème avec la famille d’Amberville a très envie de conclure au suicide. Quand un second soldat est retrouvé égorgé dans son lit, il doit se rendre à l’évidence, il y a un meurtrier au château. Célestin va rapidement prendre l’enquête en main, mais sans pouvoir empêcher de nouveaux meurtres …

Après le front en 14 et Paris en 15, Thierry Bourcy nous entraîne à la suite des blessés graves en cette année 1916. On retrouve Célestin, toujours aussi attachant, et surtout cette fresque historique qui, au travers de romans policiers, nous fait vivre l’horreur de cette guerre. L’horreur et l’injustice, avec la morgue des officiers, la brutalités de soldats que les tranchées ont parfois totalement déshumanisés, et l’inertie d’une vie de province où, en termes de hiérarchie sociale, rien ne semble avoir évolué depuis des siècles. Célestin ne se heurte pas seulement à l’habileté du meurtrier, mais également au poids de notables de petite ville qui, quoi qu’il arrive, se serrent toujours les coudes face à quelqu’un qui vient d’ailleurs, et qui, de plus, fait partie du « peuple » …

Alors certes, le lecteur de polar devine assez vite qui est le coupable, et les rebondissements de l’intrigue ne le surprennent pas outre mesure, mais cela n’enlève rien à la qualité du tableau, qui vient compléter cette saga de la grande guerre.

Thierry Bourcy / Le château d’Amberville, Folio/Policier (2009).

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