Fantastic Mr DOA

En bon lecteur de polars, je fais partie de ceux qui ont découvert DOA à son arrivée, fracassante, à la série noire, avec Citoyens clandestins. Folio policier a eu l’excellente idée de rééditer un de ses romans antérieurs, dans lequel, tout en ayant déjà une trame policière, il flirte avec le fantastique.

Marc Launay a fini sa journée de flic. Il rentre chez lui quand il tombe sur un accident. Le SAMU est là, un motard dans le coma … Il devrait passer son chemin, mais il s’ennuie, seul, depuis que sa copine est partie, et c’est Priscille Mer, avec qui il a fait un stage qui s’occupe de l’accident. Pour lui donner un coup de main, et parce que c’est Priscille, il propose d’aller avertir Madeleine, la copine du motard. L’appartement est vide, visiblement quitté en toute hâte, et quelque chose le gène. Mais quoi ?

Quelques jours plus tard, la jeune femme n’est toujours pas reparue, sa meilleure amie commence à s’inquiéter. Avant l’accident, Madeleine voulait rompre. Dans le service de neurologie où le motard est suivi, d’étranges incidents se produisent. Marc et Priscille ont de plus en plus l’impression qu’il se passe quelque chose de moche, de très moche …

Je ne sais pas si DOA est un lecteur de John Connolly, je ne sais pas si l’irlandais l’a influencé, mais on retrouve chez lui cette pincée de fantastique qui vient pimenter une enquête policière sans pour autant tomber dans la facilité (la facilité c’est se tirer d’une affaire très obscure grâce à de prétendus pouvoirs, maléfiques de préférence). En bref, l’ensemble est parfaitement cohérent (à défaut d’être vraisemblable, mais qui se soucie de vraisemblance ?).

Ceci dit, influence ou pas, on a déjà la patte DOA. Avec, pour commencer, son écriture, efficace, rythmée, extrêmement visuelle. Incroyablement visuelle même, particulièrement dans les passages angoissants où le lecteur voit la scène, littéralement, perçoit les ombres, les mouvements furtifs, entend les bruits inquiétants, et tremble avec le personnage.

Richesse de la construction également, que l’on a vu ensuite à l’œuvre dans Citoyens Clandestins,  qui fait ici merveille et fait passer comme une lettre à la poste ce pavé de plus de 600 pages. Une construction et une écriture qui s’appuient sur une description très crédible du fonctionnement des institutions policière, judiciaire et médiatique, et un sens aigu du rythme, avec une très belle maîtrise des ruptures, des accélérations et des apaisements.

Bref, un vrai régal, 600 pages de plaisir bien glauque, bien sombre, à se faire peur la nuit.

L’édition folio mentionne que l’auteur a retouché son texte précédemment publié, je serais curieux, si quelqu’un sait ce qu’il a changé, d’en savoir un peu plus sur ces retouches.

DOA / La ligne de sang, Folio Policier (2010).

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