Gianni Pirozzi dans le bourbier balkanique

Au risque de me répéter, les vacances d’été permettent de ressortir de l’oubli des romans qu’on a eu l’intention de lire, mais qu’on a un peu mis de côté et qui se sont ensuite retrouvés enfouis sous l’avalanche des nouveautés. Ce fut le cas de ce roman de Gianni Pirozzi, Le quartier de la fabrique. Vive les vacances !

Augusto Rinetti est perdu. Il a de plus en plus de mal à voir son jeune fils, confié à la garde de sa mère, sa dernière histoire d’amour s’est achevée, mal, et rien ne le retient à Montpellier où il travaille dans un foyer d’accueil. C’est pourquoi, encore choqué par ce qu’il avait vu à Sarajevo, il accepte la proposition d’un ancien réfugié italien de convoyer des armes aux rebelles kosovars. Alors que l’OTAN intensifie ses frappes sur la Serbie, avec pour seul résultat de justifier les exactions des milices diverses et variées sur les civils, Rinetti et trois compagnons improbables partent, au volant de deux vieux camions, livrer un chargement d’armes aux combattants de la minorité albanaise. Très rapidement, le périple devient compliqué, et les autre hommes doivent se battre avec leurs propres démons, et affronter des doutes de plus en plus marqués sur la légitimité de leur mission.

Un road movie, ou plutôt un road roman, sorte de Salaire de la peur sordide où les frontières entre le bien et le mal, le légitime et le dégueulasse vont peu à peu se diluer. Dans ce voyage au bout de l’horreur les victimes auront vite fait de se transformer en bourreaux, et les sauveteurs perdront, au minimum leurs illusions, quand se n’est pas leur vie.

Comme ses personnages Gianni Pirozzi refuse le manichéisme et la simplification, et décrit le bourbier des Balkans dans toute sa complexité et toute son horreur. N’attendez donc pas de happy end, il ne peut pas y en avoir. Passées les premières pages parfois un poil confuses, le lecteur est pris dans le maelstrom, en apnée, jusqu’au final sans concession.

A lire quand le soleil brille, et qu’on peut, une fois le bouquin refermé, aller boire l’apéro avec les copains, ou jouer sur la plage avec ses mômes …

Gianni Pirozzi / Le quartier de la fabrique, Rivages/Noir (2009).

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