Hasta la victoria pulpito

Avez-vous déjà imaginé le poulpe en Che Guevara au pays des rastas ? Certainement pas, c’est que vous n’avez pas l’imagination de Sébastien Gendron. Et pourtant, c’est bien ça qui va lui arriver dans Mort à Denise.

On commence à s’y faire, Gabriel vieillit, sa relation avec Chéryl bat de  l’aile (voire des deux ailes) et il n’est pas loin de la déprime, accoudé au comptoir de son restau préféré devant sa bière. Ce doit être pour ça qu’il accepte, en désespoir de cause, d’aller récupérer les millions d’un improbable roumain dans un paradis fiscal : Markinson Island. Pour ça aussi qu’il accepte d’y aller accompagné de Laura, jeune apprentie journaliste très BCBG (on dit encore BCBG ?) fort avenante mais passablement casse-bonbons.

Mais voilà que sur place, Madame la Présidente, Denise Goval, est en train d’instrumenter un groupe de rastas fumeurs de pétards (je sais, je me répète) vaguement rouscailleurs pour en faire de dangereux révolutionnaires et avoir un prétexte pour brader son île, en virer les habitants et y installer de luxueux complexes hôteliers. Elle veut de la révolution Denise ? Et bien Gabriel va exaucer ses vœux, au-delà de ses pires cauchemars.

Autant le dire tout de suite, le point de départ de ce poulpe révolutionnaire est un poil tiré par les cheveux. So what ? Ce n’est pas la première fois, et surtout, à partir du moment où la suite est cohérente, est-ce vraiment grave ? De même, je voyais mal jusque là Lecouvreur en meneur guévariste. Là aussi, pas grave.

Parce qu’ensuite l’histoire tient la route, les situations cocasses sont bien plantées, la relation entre Gabriel et Laura ne manque pas de piquant, et, je l’avoue, les coups de pied au cul distribués à la bande de nuisibles sont fort réjouissants.

Oui c’est un poulpe qui joue avec les limites du personnage et de la série. Et c’est tant mieux parce qu’il le fait avec allant, énergie et brio. Et puis, ce n’est pas tous les jours que Gabriel croise des personnages historiques. Mais je n’en dirai pas plus, je vous laisse la surprise …

Sébastien Gendron / Mort à Denise, Baleine/Poulpe (2010).

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