John Dortmunder forever !

Comme promis, voici donc Surveille tes arrières ! le dernier John Dortmunder, de l’immense et regretté Donald Westlake. Mais était-il nécessaire de le préciser ?

Tout arrive … Arnie, l’insupportable receleur de John est revenu complètement métamorphosé d’un séjour aux Caraïbes. Un autre homme. Dans les limites du possible bien entendu. Disons qu’avec un peu d’entrainement et beaucoup de bonne volonté, on peut maintenant rester plus de dix minutes à côté de lui sans avoir envie de le jeter par la fenêtre.

Durant son séjour, Arnie a connu quelqu’un de plus insupportable que lui : Preston Fareweather, bloqué dans son Club Med parce qu’il fuit les avocats de ses ex qui se sont associées pour rafler son immense fortune. Alors Arnie a supporté les sarcasmes et la méchanceté de Preston et est revenu avec le mode d’emploi pour rentrer dans son appartement qui regorge de trésors. Un boulot facile pour John et sa bande.

Mais il n’y a jamais de boulot facile pour Dortmunder. Et pour commencer l’ O.J. Bar & Grill leur est interdit. Il semblerait que la mafia ait mis la main dessus. Il va donc falloir commencer par s’occuper de ça …

J’en entend déjà certains dire que c’est un petit Dortmunder, moins délirant, moins spectaculaire que certains. Et c’est vrai. Le cambriolage est simple. Mais, regardons-y de plus près …

Et d’un, les personnages, les situations, les dialogues m’ont fait plusieurs fois éclater de rire. Je sais, chez Westlake, c’est le minimum syndical, il est assuré, une fois de plus. Deux, l’écriture a cette fluidité, cette évidence qui pousse à croire que n’importe qui aurait pu écrire le roman, puisque « c’est si simple ». Mais ça aussi c’est attendu chez Westlake.

Mais surtout, cette intrigue faussement simple est un petit bijou  de précision. Regardez bien. Regardez bien tout ce qui est mis en place, depuis le tout début, les personnages a priori secondaires, les événements qui semblent tous décorrélés (et qui le sont), les petites péripéties sans lien avec l’intrigue principale … Et tout cela est nécessaire, indispensable, petits rouages qui viennent se mettre en place avec un doux bruit de mécanisme parfaitement ajusté pour la cata finale. Du grand art.

Ajoutons que l’on rit aussi beaucoup par anticipation : L’auteur donne toujours un petit temps d’avance au lecteur sur les personnages. Un lecteur qui jubile donc parce qu’il sait quelle tuile va retomber sur le nez de John, et qui éclate quand même de rire au moment où elle tombe. Parce qu’elle tombe juste un peu à côté, là où il ne l’attendait pas. Et ça aussi c’est du grand art.

Bref, à ne rater sous aucun prétexte.

Donald Westlake / Surveille tes arrières !  (Watch tour back, 2005), Rivages/Thriller (2010), Traduit de l’américain par Jean Esch.

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