Paris en douze contes noirs

Une fois n’est pas coutume, voilà une histoire qui a commencé de façon pour le moins originale … On a l’habitude de lire, au dos de pas mal de polars publiés en France « traduit de l’américain par … » ou « traduit de l’anglais (Etats-Unis) par … ». Sachez que le recueil Noir Paris, collecté par Aurélien Masson (patron de la série noire), a été publié dans un premier temps aux US, « translated from French by … ».

L’idée d’un petit éditeur New yorkais : faire le portrait de grandes villes du monde au travers de nouvelles noires écrites par des auteurs locaux. Ils sont douze à s’y être collé, vous reconnaîtrez quelques noms pas totalement inconnus des lecteurs de polar :

Aurélien Masson présente :

Marc Villard / Le chauffeur

Chantal Pelletier / Le chinois

Salim Bachi / Le grand frère

Jérôme Leroy / Berthet s’en va

Laurent Martin / Comme une tragédie

Christophe Mercier / Noël

Jean-Bernard Pouy / La vengeance des loufiats

Dominique Mainard / La vie en rose

Didier Daeninckx / Rue des degrés

Patrick Pécherot / Mémoire morte

DOA / Précieuse

Hervé Prudon / No comprendo l’étranger

Douze nouvelles, douze styles, douze coins de Paris, douze belles histoires.

Comme de juste dans un tel recueil, chacun aura ses chouchous. J’ai pour ma part une préférence pour

Le chinois de Chantal Pelletier, monologue absolument réjouissant qui voit, pour une fois, une femme dans le rôle du méchant. Vision décalée, humour bien noir et bien vachard, folie assumée … Je me suis bien amusée, mais certainement pas autant qu’elle en l’écrivant.

Le grand frère de Salim Bachi qui nous amène joliment, insensiblement, vers une chute qu’on n’a absolument pas vu venir et qui arrive à faire partager son amour de Paris et sa connaissance profonde de son histoire et de sa culture sans jamais être pédant ou didactique.

La vengeance des loufiats de l’inévitable Jean-Bernard Pouy qui, non content de faire du Pouy (cette écriture d’une confondante « facilité » qui doit en énerver plus d’un) a réussi à me sécher sur sa dernière phrase, dans la grande tradition des nouvelles à chute.

Mémoire morte de Patrick Pécherot pour la façon sensible et originale qu’il a trouvée de revenir sur une période particulièrement sombre de notre histoire. Et aussi parce qu’il arrive parfaitement à intriguer le lecteur, à le laisser en suspend, avant de le mener là où il voulait.

Et pour finir Précieuse de DOA (je sais le titre original est en russe, avec caractères cyrilliques et tout, mais j’ai la flemme …). Pour l’efficacité de l’écriture, la justesse du ton, le rythme, la jolie conclusion bien immorale …

Entendons nous bien, les autres aussi sont bonnes, c’est juste que celles-là sont mes chouchous … Au résultat, un Paris bien noir, comme on les aime.

Collectif / Noir Paris, Asphalte (2010).

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