James Sallis, Salt River

James Sallis et moi c’est un coup oui, un coup non. Et souvent, ce sont les mêmes raisons qui me font aimer un roman, qui vont me déconcerter dans le suivant. Pourquoi ? Mystère. Mais j’y reviens un peu plus loin. J’avais beaucoup aimé Bois mort, étais resté complètement en dehors de Cripple Creek, j’ai adoré le dernier Salt River.

John Turner est toujours shérif de cette petite ville du Tenessee qui se meurt lentement. Il ne s’y passe habituellement pas grand-chose. Sauf ces jours-ci. Où le fils de l’ancien shérif, parti depuis longtemps, enfonce l’entrée de l’hôtel de ville avec une voiture qui n’est pas à lui. Où Eldon, un vieil ami de John réapparaît et lui dit être recherché pour un meurtre qu’il n’est pas absolument certain de n’avoir pas commis. Où un infirmier qui était attendu dans une communauté près de la ville est retrouvé mort dans les rues de Memphis. Où … John, petit à petit, va détricoter les fils de ces différentes histoires, en essayant « de voir ce qu’on peut faire comme musique avec ce qu’il nous reste. »

Donc ce troisième volume de la série John Turner, m’a envouté. J’ai été pris par l’écriture magnifique, par le calme et la sérénité qui émanent du personnage, par l’atmosphère de deuil, la tristesse, la saudade diraient les lusophones, qui émane du roman.

Je serais pourtant bien en peine de dire ce qui le différencie vraiment du précédent qui m’avait laissé perplexe. Les ellipses sont là, bien là. Le roman vaut essentiellement pour se personnages, ses à côtés, ses digressions, bien plus que pour une intrigue qui avance de façon … très elliptique. Et pourtant j’ai marché à fond.

Peut-être James Sallis a-t-il mieux réussi ici son exercice de funambule ? Il faut dire qu’il pratique dans ses romans une écriture au fil du rasoir qui risque à tout instant de perdre le lecteur. La lecture ne peut donc être, de façon encore plus marquée que chez d’autres auteurs, qu’une fragile et mystérieuse alchimie entre l’auteur et le lecteur, entre l’écriture et la façon dont on la reçoit. Alors peut-être étais-je mieux disposé ?

Toujours est-il que cette fois, pour moi, ça a marché. Limpide et magnifique.

James Sallis / Salt River  (Salt River, 2007), Série Noire (2010), traduit de l’américain par Isabelle Maillet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s