Paranos s’abstenir.

Un bon thriller bien construit, intelligent et qui vous fiche les jetons … C’est une nouveauté de chez Rivages, Un monde sous surveillance de Peter Temple (dont un roman a déjà été traduit à la série noire, Séquelles, totalement différent).

Constantine Niemand est garde du corps à Johannesburg. Jusqu’au jour où, malgré sa vigilance, le couple qu’il devait protéger est abattu par deux voleurs. Il réussit à tuer les assassins et se retrouve en possession d’une cassette. Une cassette qui vaut de l’or. C’est pourquoi il part pour Londres l’échanger contre une forte, une très forte somme. Il a juste sous-estimé la détermination de ceux qu’il veut faire chanter … et leur pouvoir de nuisance.

A Hambourg, John Anselm, ancien journaliste, jamais remis d’avoir été retenu en otage durant de longues semaines au Liban travaille maintenant dans une société qui fournit des renseignements. Sur tous, pour n’importe quel client … et très cher. Il ne sait pas, quand on lui demande de retrouver la trace d’un homme d’affaire sud-africain à Londres, que le passé va lui sauter à la figure.

Commençons par une mise en garde. Si vous avez une tendance à la paranoïa, si vous êtes persuadé qu’on peut, à tout instant, vous suivre à la trace, si vous avez la sensation tenace d’être surveillé à tout moment … Evitez de lire ce roman, il ne peut qu’aggraver votre cas. Parce que vous avez en partie raison …

Outre les saloperies commises au nom de la lutte contre le communisme en Afrique (guère plus, ni guère moins ragoutantes que toutes celles commises dans le monde entier), qui servent de prétexte à l’intrigue (c’est le fameux Mc Guffin de Tonton Alfred) c’est bien cela le sujet du roman. Effectivement, si l’on a de l’argent, beaucoup d’argent, et que l’on veut vous suivre à la trace, c’est possible, techniquement, et des sociétés sont prêtes à le faire, sans le moindre état d’âme. Voilà pour le fond.

La forme est parfaitement adaptée. Un thriller très efficace qui démarre sur les chapeaux de roues,  du suspense, de l’action, des coups de théâtre … Et de beaux personnages. Même si le mercenaire est un poil cliché (mais un cliché bien construit, donc un cliché qui marche), le journaliste est, à mon goût, parfaitement réussi, dans la veine connue mais toujours efficace des héros fragilisés par un passé traumatisant. Et dans ce style, c’est la première fois que je « rencontre » un ancien otage, la première fois que je vois un personnage rendre aussi cohérentes les failles, les terreurs et les blessures dues à un tel traumatisme.

Tout pour plaire donc … sauf si vous êtes parano.

Peter Temple / Un monde sous surveillance (In the evil day, 2002), Rivages/Thriller (2010), traduit de l’anglais (Australie) par Simon Baril.

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