Charlie ‘s back in town.

Cela faisait un moment que j’en avais entendu parler, un moment donc que j’attendais ce moment, le retour de Charlie Resnick, flic fétiche que John Harvey avait abandonné à la fin de Derniers sacrements. Et donc Charlie’s back, dans Cold in hand.

En rentrant chez elle Lynn Kellogg, collègue et maîtresse de Charlie Resnick s’interpose dans une bagarre entre deux bandes rivales. Un des participants sort une arme, la blesse et tue la gamine qu’elle était en train d’appréhender. Le jour même, alors qu’elle est à l’hôpital, le père de la victime se répand dans les média prétendant qu’elle a utilisé sa fille comme bouclier humain. C’est Charlie qui se retrouve en charge de l’enquête, le tueur ayant pris la fuite sans être identifié. Dans le même temps Lynn s’inquiète pour une jeune femme Roumaine ayant accepté de témoigner contre son mac dans une affaire de meurtre. L’homme vient d’être libéré sous caution et tout laisse penser que la jeune femme est en danger …

Si vous êtes un habitué de ce blog, vous savez maintenant qu’en général les avis dithyrambiques en quatrième de couverture m’agacent prodigieusement. Je ferai un exception. « John Harvey est un maître », le Guardian, peut-on lire ici. C’est sobre, net, et ça résume parfaitement le sentiment que l’on éprouve à la lecture.

Personnages extraordinaires, saisis dans toute leur humanité, peinture sans concession et sans pitié d’une Angleterre ravagée par la crise : perte de repères et de valeurs, générations livrées au seul consumérisme et à l’individualisme, classe défavorisée totalement acculturée … Et Charlie, sa grande carcasse lourde, son jazz, ses chats, son amour pour Lynn. Comme souvent chez Harvey, à l’image d’un bon chorus de jazz, tout commence tranquillement, avec plusieurs histoires plus ou moins imbriquées. Harvey installe son rythme, son climat. Et puis bang ! accélération brutale, et grosse claque, pour une deuxième partie où l’intensité va croissante.

John Harvey / Cold in hand (Cold in hand, 2008), Rivages/Thriller (2010), traduit de l’anglais par Gérard de Chergé.

PS. Un détail, sans importance, mais en tant que toulousain je ne pouvais décemment pas laisser passer, page 72 : « Et un placage qui aurait fait la fierté de n’importe quel avant-centre de rugby l’envoya au sol. » Pour ceux (extrêmement rare j’en suis certain) qui trainent ici et n’ont aucune notion de rugby, sachez qu’il n’y a pas d’avant-centre au rugby. Au foot oui, au rugby non. Au rugby il y a des avants, des centres, mêmes un troisième ligne centre qui joue …avant, mais pas d’avant-centre. De deux choses l’une, soit John Harvey qui ne cause que de foot dans ses bouquins s’est raté, soit c’est le traducteur (excellent par ailleurs) qui s’est troué. C’est pas grave, mais c’est dit.

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