Dans l’enfer guatémaltèque.

J’avais vu sur les blogs, ici et là, que Patrick Bard avait publié un nouveau roman en 2010. Les vacances, une fois de plus, m’on permis de lire Orphelins de sang que j’avais laissé passer au moment de sa sortie.

Guatemala City, 2007. Les anciens tortionnaires militaires se sont reconvertis dans des sociétés de sécurité privées, dans la police ou, ce qui revient un peu au même, dans la pègre. Les massacres, tortures et viols des paysans d’origine indienne n’ont jamais été jugés. La ville est envahie de gangs très violents, renvoyés des grandes cités nord-américaines et inspirés des cartels mexicains de la drogue. Dans cette ville meurtrière, les femmes, une fois de plus, sont les premières victimes.

Victor Hugo Hueso le sait bien. Pompier il passe ses permanences à se rendre sur le théâtre des tueries. Dans le même temps il écrit et prend des photos pour différents organes de presse et étudie pour être journaliste. Ce soir là il est appelé une fois de plus et trouve deux femmes. L’une est morte, l’autre est dans le coma. Il s’avère qu’elle avait avec elle une fillette de 10 mois qui a été enlevée.

Pas si loin de là, à Los Angeles, Katie et John, après de nombreux échecs, décident de faire confiance à une association ayant pignon sur rue qui leur propose d’adopter un enfant au Guatemala …

Attention Patrick Bard ne nous épargne rien. Ce n’est pas par voyeurisme, ce n’est pas pour vendre. Il n’est que le témoin de la réalité du Guatemala, petit pays dont on n’entend guère parler. Que sait-on du Guatemala à part le prix Nobel de Rigoberta Menchú ? Le roman est donc dur, très dur. D’autant plus dur qu’on sent bien que l’auteur, qui est aussi journaliste et grand connaisseur de l’Amérique Latine, s’est parfaitement renseigné avant d’écrire (comme toujours). Si l’intrigue et les personnages, sont romancés, les faits qui servent de toile de fond sont bien réels.

Le constat a d’autant plus de force que l’auteur est un excellent romancier et ne se contente pas de décrire une situation à la manière d’une journaliste. Il construit une intrigue sans faille, alternant les points de vue, ménageant parfaitement le suspense.  Le lecteur ressent la pluie, l’humidité et la chaleur qui envahissent tout, le bruit, la crasse et le désespoir des bidonvilles. Les personnages existent vraiment, complexes, avec leurs forces, leur peurs, leurs névroses, plongés dans cet enfer. Progression dramatique, coups de théâtres, suspense finissent de donner de la chair à son récit.

Patrick Bard / Orphelins de sang, Seuil (2010)

Pour en savoir plus sur l’auteur, et voir ses magnifiques photos (oui, il est aussi très bon photographe, il y a comme ça des gens qui savent tout faire) vous pouvez aller sur son site.

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