Le commissaire Charitos à Istanbul.

Je continue avec ma série d’enquêteurs méditerranéens. Après Petra et Fermín à Barcelone, voici le commissaire Charitos de Petros Markaris qui quitte Athènes pour Istanbul dans … L’empoisonneuse d’Istanbul.

Rien ne va plus dans la famille du commissaire Charitos. Sa fille, sa fille bien aimée se marie. Tout devrait donc aller pour le mieux. Mais elle refuse de se marier à l’église ! Elle réussit donc à se fâcher avec son père, sa mère et ses beaux parents. Pour faire passer la pilule, Charitos propose à sa moitié de faire un voyage à Istanbul, voyage dont elle rêve depuis longtemps. Mais là non plus il ne trouvera pas la paix. Il se retrouve obligé d’assister la police turque dans sa recherche d’une vieille femme, grecque originaire d’Istanbul, qui vient d’empoisonner son frère dans le nord de la Grèce et semble être maintenant en train de régler d’anciennes dettes dans sa ville natale à coups de tyropitas à l’insecticide. Les relations entre grecs et turcs étant ce qu’elles sont, voilà une mission qui va mettre à mal la patience, déjà très limitée, de notre commissaire.

Un très bon polar procédural. Si la forme et l’intrigue n’ont rien de révolutionnaire, les deux sont également soignées. Et c’est le reste qui fait l’intérêt de ce polar.

A commencer par les personnages, et l’humour de Charitos/Markaris. Un personnage d’enquêteur dans la grande tradition méditerranéenne (de la famille des Montalbano ou Carvalho) râleur, têtu et gastronome. Les relations toutes en piquants entre Charitos et se femme sont criantes de vérités. Elles recoupent les multiples discussions de Petra et Fermín sur le mariage, voilà une autre lien. Un sens de l’humour commun, méditerranéen ? Toujours est-il qu’on sourit beaucoup, et qu’on rit même parfois.

La description des compagnons du voyage organisé, de leurs réactions et commentaires est impitoyable et très drôle (et prouve que le consommateur de voyages organisés est universel dans sa manie de voir, là où il voyage, tout ce qui est moins bien que chez lui, et dans sa façon fort distinguée de le faire savoir à haute, voire très haute voix).

Et pour finir, il y a tout le fond historique, géographique et sociologique : histoire des grecs d’Istanbul, sociologie des minorités en Turquie, mais aussi des turcs quand ils émigrent, rivalité (quand ce n’est pas plus) entre grecs et turcs, description d’une ville complexe, contrastée, aussi injuste que fascinante … Une histoire que l’auteur, dont la famille est originaire d’Istanbul connaît bien.

Tout cela sans jamais sacrifier au récit. Autant d’excellentes raisons pour se précipiter sur ce polar.

Pétros Markaris / L’empoisonneuse d’Istanbul (Palia, poly Palia, 2008), Seuil/Policiers (2010), traduit du grec par Caroline Nicolas.

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