Le p’tit homme qui aime qu’on lui raconte des histoires.

« J’adore qu’on me raconte des histoires. Je me dis même parfois qu’il n’y que ça de vrai. » dit Jan Moro, le narrateur de Michael Z. Lewin dans Les chiens sont mes amis. Ca tombe bien, Michael Lewin adore raconter des histoires, et il le fait formidablement bien.

Jan Moro n’est pas un SDF. Jan Moro est un homme de petite taille mais de grande volonté, plein de projets géniaux qui tardent juste à se concrétiser : Des vêtements avec désodorisant incorporé, une cagoule qui permette aux fumeurs de rester à l’intérieur … Ou avoir son propre programme télé. Il ne lui manque qu’un investisseur un peu aventurier. Qu’il pense avoir trouvé en la personne de Billy Sigra, propriétaire d’un club en vue d’Indianapolis.

Le problème est que Billy est aussi un truand en vue que la police locale aimerait bien faire tomber. Et un meurtrier qu’un état d’Amérique latine aimerait bien récupérer pour le juger. Alors Jan décide d’essayer de contenter tout le monde, et de récupérer un peu d’argent à droite et à gauche. Un exercice de haute voltige qui demande une très grande finesse … Ou une immense candeur et un poil de chance, pour une fois.

Un vrai plaisir. Pur, simple, sans complication. Sans autre prétention (comme dirait un couillon qui ne s’y est jamais essayé) que celle de nous faire passer un bon moment. Et qui y arrive parfaitement. On suit, le sourire aux lèvres, les aventures burlesque de ce petit bonhomme bien brave (comme on dit dans le sud-ouest).

Bien brave, mais finalement beaucoup plus humain et généreux que tous les gros malins qui profitent de lui. Ses aventures sont émaillées d’interruptions où il quitte littéralement la réalité pour se remémorer une de ces histoires qu’il entend dans les bars, dans les gares, dans les Lavomatics … et qui font ses délices. Un peu comme le privé de Brautigan part pour Babylone. Au fil de ces réminiscence, le personnage de Jan prend de l’épaisseur, laisse entrevoir ses souffrances passées, ses plaies, en devient d’autant plus touchant. Et on finit par aimer de petit bonhomme que la méchanceté des hommes n’a pas réussi à entamer, ni à rendre mesquin. C’est tellement rare que c’en est précieux.

Et comme en plus, ça finit bien, le lecteur referme le bouquin enchanté d’avoir passé un excellent moment de lecture. Et mine de rien, en plus de faire passer un bon moment, c’est un bouquin qui met un peu de baume au cœur.

Michael Z . Lewin / Les chiens sont mes amis (Underdog, 1993), Outside/Thriller (2010), traduit de l’américain par Frank Reichert.

 
 

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