Mort de Juan Hernandez Luna

C’est Sébastien Rutés qui a communiqué la triste nouvelle sur la liste 813. L’écrivain mexicain Juan Hernandez Luna est mort cet été à l’âge de 47 ans, au moment où débutait la semana negra à Gijon.

Peu connu (pas assez) du public français, Juan Hernandez Luna était le « dauphin » de Paco Ignacio Taibo II.

Ses deux premiers romans traduits en France, Du tabac pour le puma et Le corbeau, la blonde et les méchants, publiés à l’Atalante étaient très taiboesques. Totalement échevelés, mélangeant allègrement les personnages, les points de vues et les péripéties, pleins de vie et de générosité, ils mettaient en scène le Mexique que nous avait fait découvrir Taibo.

Voilà ce que j’avais envoyé, sur feu mauvaisgenres, et que l’on retrouve sur bibliosurf à propos de Du tabac pour le puma.

Puebla au Mexique, ville fondée, dit-on, par les anges. Pourtant… Ezequiel Aguirre, magicien sur la touche, s’abreuve d’émotions fortes ; il cherche à oublier le départ de sa femme. Liliana, sa fille, risque gros à filmer un trafic d’immigrés clandestins originaires d’Amérique centrale. Un quidam qui revendique le sobriquet de « Main furtive » s’emploie à tripoter en douce d’honorables citoyennes de la ville. Le gouverneur de l’état exproprie des paysans afin de céder leurs terres à une multinationale. Un vieux pompier relate ses exploits d’agitateur dans les années trente …

Difficile de ne pas penser à Taibo II, en lisant le dernier roman de Luna, d’autant plus qu’il lui est dédié, et que Taibo et Ombre de l’Ombre sont cités dans le texte. Même construction, à partir de d’une multitude d’histoires, a priori sans aucun rapport les unes avec les autres, qui finissent par se rencontrer, même retour vers un passé mexicain fait de grèves et d’insurrections, même amour du journalisme, même référence au jeu de dominos, jusqu’au personnage principal, un magicien, spécialiste de l’évasion, qui renvoie à Houdini présent dans A quatre mains. La galerie de personnages est étonnante, du magicien au serveur de bar qui se ballade en habits de pompier, de l’espion haut en couleurs au tigre à qui il faut parler en langage codé … Le lecteur, est pris dans ce tourbillon, jubile de voir les pièces du puzzle se mettre en place petit à petit.

Son dernier roman traduit, Iode (paru chez Latinoir) était aussi glaçant et dérangeant que ses premiers romans étaient chaleureux.

En plus de ses livres, et des souvenirs de ses amis, Juan Hernandez Luna sera toujours vivant dans La bicyclette de Leonard de Paco Taibo :

 « Juan Hernandez Luna arrivera chez moi avec deux kilos de jambon serrano et deux melons achetés à Puebla, sans garantie. Il aura à la main son nouveau livre « Du tabac pour le puma », tout neuf. [] Juan Hernandez Luna a beau écrire d’excellents romans d’aventures et être un excellent ami, il n’aura pas l’habitude des basketteuses américaines. Trop de centimètres de jambes qui se promènent dans la pièce pour lui. »

C’est une voix atypique qui se tait, trop tôt, beaucoup trop tôt.

Quelques messages pour les hispanophones sur le site Diez Negritos.

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