Serge Quadruppani, l’Auteur.

Serge Quadruppani est tellement présent comme traducteur et directeur de collection (excellent traducteur, et excellent directeur de collection qui plus est), qu’on en vient à oublier qu’il est aussi auteur de polars. Saturne, vient remettre les pendules à l’heure.

Les thermes de Saturne. Un lieu de détente pour le romains fortunés, cadre bucolique, eaux thermales, quiétude. Pas ce jour-là où un homme entre et abat trois personnes, apparemment prises au hasard. Etonnamment, c’est la commissaire romaine Simona Tavianello, de l’anti mafia qui est chargée de l’affaire avant même que le tueur ne soit identifié. Elle va être aidée par un ancien flic français devenu privé à Rome qui se trouvait par hasard sur place, par les proches de victimes, et par les rêves d’un ex flic en retraite

Al Qu’Aïda, la mafia, le loges … toutes les pistes sont évoquées, pour ne pas dire mises sous le nez de Simona. Comme si on voulait l’éloigner des vrais commanditaires, beaucoup trop proches du vrai pouvoir, celui de l’argent. En même temps, le tueur traqué à son tour mène lui aussi son enquête.

Serge Quadruppani prouve ici qu’on peut écrire un thriller politique, mêlant de très nombreux thèmes d’actualité, sans pour autant être obligé de pondre un pavé de 600 pages. Sans écrire des pages et des pages pour décortiquer tous les mécanismes, tous les liens entre mafia et pouvoir politique, sans démonter par le menu les effets de la crise financière sur la politique et/ou les avoirs financiers du crime organisé.

Il suffit ( !!) d’aller à l’essentiel, de donner du rythme, du nerf, sans oublier quelques bon petits plats, de l’humour et de jolis hommages. L’auteur, comme ses personnages, reste essentiellement au raz du bitume, avec nous, les anonymes, les pigeons, les plumés, les victimes. Ce qui n’oblige pas pour autant à être une victime consentante, un mouton qu’on mène bêlant à l’abattoir, loin de là.

Ajoutez à cela une bonne dose de fantaisie, un grand coup de pied dans la fourmilière, et beaucoup de générosité. Certes on ne devient pas expert en hedge fund, ni en lutte contre le crime organisé, mais on s’indigne, on s’amuse, on sourit … et on en redemande.

Serge Quadruppani / Saturne, Editions du Masque (2010).

PS. Petit plaisir supplémentaire, la participation active du patriarche, Andrea Camilleri en personne.

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