Suspense dans le bush.

Une nouveauté, parue chez Payot / Suspense (à ce propos, quelqu’un sait comment ils décident qui va en Suspense et qui va en Rivages/Thriller chez Payot ?). Une nouveauté australienne et excellente qui plus est. L’étouffoir, de Phillip Gwynne.

Darwin. Pas le naturaliste, la ville située au nord de l’Australie. Loin de Sydney l’Olympique. La population étouffe dans l’attente des premières pluie. L’inspectrice Dusty Buchanon ne plait guère à sa nouvelle chef. Elle lui plait encore moins quand elle décide d’enquêter dans le bush, prêt d’un camp d’anciens du Vietnam. On y aurait vu un cadavre dans le billabong (mangrove locale). Vu les témoins (tous plus ou moins allumé, alcoolisés et/ou shootés) Dusty n’y croit guère, mais elle va voir. Et elle le voit, le cadavre ; qui malheureusement disparaît avant que la police scientifique n’arrive. Ce qui ne va pas empêcher Buchanon de s’entêter, et ne va pas arranger ses relations avec sa chef …

Rien de révolutionnaire dans ce roman australien, mais du très beau travail, parfaitement maîtrisé. Une enquête qui tient la route, sans effets de manche mais sans faille. Une écriture alerte, vive et pleine d’humour. Un personnage qu’on espère, dès sa première apparition, retrouver très bientôt : grande gueule, têtue, intelligente, sarcastique, et fragile, Dusty existe dès les premières pages, on s’y attache, on l’aime, et il nous tarde de la retrouver. Des personnages secondaires tout aussi incarnés, vivants, complexes, présents … bref attachants.

Et la belle description d’un coin du monde très peu connu des lecteurs français. Ce nord de l’Australie avec sa chaleur étouffante, ses routards, ses liens avec le sud-est asiatique plus proche que Sydney, ses habitants qui semblent être un peu les ploucs de l’Australie, loin des snobs de Sydney, ses populations aborigènes marginalisées …

Tout ce qu’on aime trouver dans un bon polar, tout ce qu’on adore retrouver dans une série. Vivement le suivant.

Phillip Gwynne / L’étouffoir (The build up, 2008), Payot/Suspense (2010), traduit de l’australien par Frédéric Grellier.

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