Dans les immensités du Wyoming.

L’année 2011 commence décidément très bien. Un Leonardo Padura éblouissant, je suis en train de lire le Marcus Malte qui est absolument magnifique, et comme si cela ne suffisait pas, sachez que Gallmeister a encore découvert une nouvelle pépite du grand ouest américain : Le signal de Ron Carlson.

Mack sort de prison où il a passé quelques mois. Il se débattait avec ses dettes, ne trouvait pas la façon de garder son ranch, a fait des conneries et pété les plombs. Il a payé. Plus grave, il a perdu l’amour de Vonnie, sa femme depuis dix ans. Elle accepte quand même de le rejoindre pour une dernière rando de quelques jours et une dernière partie de pêche dans les immensité désertes du Wyoming.

Ce que Mack n’a pas dit à Vonnie c’est que pendant cette rando il doit essayer de retrouver une mystérieuse boite, perdue lors du crash de l’avion d’un ancien associé, un individu pas franchement net. Une façon pour lui de régler les dettes du ranch, mais le risque également de se mettre en danger.

Un nouvel auteur (pour moi du moins) pour un pur roman de la maison Gallmeister. Grands espaces magnifiquement décrits et parfaite description de ce que ressent l’homme face à la nature. Ensuite chaque auteur a sa spécificité.

Pour l’intrigue, Ron Carlson a l’intelligence d’utiliser à fond le principe du McGuffin de tonton Alfred. On ne sait rien de la mystérieuse boite, pas grand-chose du commanditaire douteux, ni même de ces motivations. Le seul intérêt de tout cela est d’introduire une tension qu’ensuite Carlson exploite de façon magistrale.

Ajoutez à cela qu’il sait superbement adapter la construction et le rythme de son récit à ce que l’on pense et ressent lorsque l’on marche, perdu dans se pensées (et dans l’immensité de la montagne). Il s’en sert avec beaucoup de subtilité et d’efficacité pour évoquer, peu à peu, les événements du passé qui ont amené Mack là où il est.

En parallèle, l’autre tension du récit est associée à sa relation avec Vonnie dont il est toujours amoureux. Le relation entre les deux est rendue dans toute sa complexité avec une économie de moyens remarquable. Tout passe par des dialogues pourtant d’une apparente simplicité, par de petites pensées, par de petits gestes …

Bref encore une très belle découverte chez Gallmeister. Une belle note chez Marc Villard, qui dit tout ça bien mieux que moi, bien entendu.

Ron Carlson / Le signal (The signal, 2009), Gallmeister (2011), traduit de l’américain par Sophie Aslanides.

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