Cher payé, vraiment.

Pendant l’année il sort tant de bouquins que, forcément, il y en a qui passent à l’as, mais que l’on garde dans un coin en se disant qu’on va les lire … Dès qu’on aura le temps. C’est ce qui c’est passé avec Cher payé de Jean-Paul Demure. Comme j’aime ce qu’écrit cet auteur, je l’avais mis dans un coin, et cette fin de mois d’août m’a permis de le lire enfin. Avec grand plaisir.

Jean-Mi, Fernand et Marcel sont potes et un poil paumés, voire glandeurs. A 26 ans Jean-Mi squatte toujours le tout petit appartement de maman. Il finit quand même par répondre à une petite annonce demandant un jardinier dans une grande propriété des environs. Fernand lui fait un beau faux diplôme d’horticulteur, Marcel lui prête la mob de son père et le voilà parti. Le métier rentre péniblement quand il se fait aborder par un petit bonhomme qui lui demande d’observer se qui se passe chez son patron qui, il est vrai, n’a pas l’air net. Jean-Mi commence par refuser, mais l’autre a des arguments … imparables. Donc il finit par accepter, et met alors le doigt dans la boite à emmerdes.

Jean-Paul Demure fait partie de ces auteurs français qui, bien qu’édités chez un « grand », n’ont rencontré la reconnaissance à la hauteur de leur talent. Pas de chance ? Trop réservé ?

Toujours est-il qu’avec ce Cher payé il livre encore un excellent roman où l’on retrouve son talent pour mettre en scène de gentils paumés, des glandeurs attachants. Ses romans sont souvent très noirs, il a fait ici le choix de l’humour tendre. Et on sourit beaucoup.

On sait dès le départ que leur combine va foirer, la question est de savoir quand et comment. Et bien on n’est pas déçu. L’auteur mène magnifiquement sa barque, pour un final digne des grands moments du cinéma italien des Toto, Gassman et autres. Avec cette même tendresse souriante pour des personnages que l’on aime instantanément, malgré (ou à cause ?) de leurs défauts.

Cerise sur le gâteau, la réplique finale clôt magistralement le roman et boucle la boucle. Pour comprendre ce que je veux dire une seule solution, lire Cher payé.

Belle référence non ?

Jean-Paul Demure / Cher payé, Rivages/Noir (2010).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s