Des nouvelles de Jean-Claude Dunyach

A l’occasion de cette petite chronique je m’aperçois avec stupéfaction que je ne vous ai encore jamais causé de Jean-Claude Dunyach. Cet auteur SF, grand copain d’Ayerdhal avec qui il écrivit, il y a maintenant quelques années, Etoiles Mourantes, un chef-d’œuvre justement couvert de prix, est un des meilleurs nouvelliste de notre beau pays, tous genres confondus. C’est pourquoi je ne rate aucun des recueils que l’Atalante publie parcimonieusement mais régulièrement. Le dernier en date s’appelle Les harmoniques célestes.

Les harmoniques célestes nous projette dans un futur plus ou moins lointain, avec un médecin ayant inventé un appareil génial … Mais qu’il a détruit et dont il ne veut absolument plus entendre parler. Il a tenté de disparaître, a changé de nom, mais bien entendu, Elle l’a retrouvé et veut qu’il remonte son appareil.

La fin des cerisiers n’est pas de la SF, juste une histoire de choc de cultures, d’incompréhension, de malentendu … Entre une équipe hollywoodienne et des japonais traditionalistes au début des années 70.

Les cœurs silencieux est une nouvelle déchirante sur l’empathie, la paix et la mort.

Repli sur soie (non il n’y a pas de faute) une jolie variation sur le thème des univers parallèles, la beauté des mathématiques et, finalement, le sens de la vie.

Aime ton ennemi, n’a rien de christique … J’y verrai bien un clin d’œil à Moebius et son histoire excellente L’homme est-il bon. Il vous faudra lire pour comprendre.

Visiteur secret, la dernière nouvelle est, entre autres, une belle histoire d’amour.

Comme toujours chez Dunyach la langue est belle, les mots justes, les images superbes. Les fins sont souvent ouvertes, assez définies pour ne pas être frustrantes (ni donner l’impression que l’auteur ne savait finalement pas où il allait), suffisamment floues pour laisser au lecteur une belle marge d’interprétation et la possibilité de compléter l’histoire à sa guise.

Il se dégage de l’ensemble une impression de mélancolie douce, de sourire et de larmes. Ce sentiment que les lusophones appellent saudade, qui passe si bien dans leurs différentes musiques, et pour lequel nous n’avons pas de traduction exacte.

Jean-Claude Dunyach / Les harmoniques célestes, L’Atalante/La dentelle du cygne (2011).

PS. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cet auteur, les sept recueils parus chez l’Atalante sont excellents.

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