The british touch

C’est bien connu et dans bien des domaines. Quand on veut du sérieux, du cousu main, du sur mesure, du luxe sans ostentation, de la qualité indémodable … On choisit la qualité british. Dans le monde du polar deux noms s’imposent. John Harvey de Nottingham et Graham Hurley de Portsmouth. C’est du second dont je vais vous parler aujourd’hui, avec la reprise en poche d’une des dernières aventures de son personnage Jo Faraday : Sur la mauvaise pente.

 Le corps d’un homme nu, enchaîné aux rails jambes écartées, est déchiqueté par le premier train de la journée Portsmouth – Londres. Un train qui, (dixit Huxley, je ne me permettrais pas !) pour une fois, était à l’heure. Joe Faraday et son équipe se retrouvent en charge de l’enquête qui connaît une forte exposition médiatique. Qui a pu mettre en scène cette exécution barbare ?

Les premières pistes pointent vers Bazza Mackenzie, le parrain local qui, fortune faite, se tourne de plus en plus vers le blanchiment et les affaires légales. Winter, flic de terrain aux méthodes parfois peu orthodoxes semble bien décidé à le faire tomber cette fois. Pourtant cette exécution théâtrale lui ressemble peu. De fausses pistes et rebondissements l’enquête leur réserve bien des surprises.

Faraday et Winter sont, pour cet épisode, les deux personnages principaux, et se partageant la vedette. Deux solitaires et deux caractères totalement opposés. Faraday le romantique discret et respectueux des règles, Winter le baroudeur souvent borderline. Pour le reste, on retrouve pleinement Graham Hurley et cette qualité british du procédural cousu main.

Profondeur et complexité des personnages, maestria dans le développement de plusieurs intrigues entremêlées, refus du manichéisme de la conclusion spectaculaire, précision de la description de la procédure policière (sans jamais souffrir de longueurs) …

Avec en toile de fond la description sans fard d’une ville (ici Portsmouth), des ravages de la misère sociale et de l’arrogance des puissants. Des années après le démarrage de la casse par la Dame de fer les effets sont dévastateurs. Les pauvres toujours plus pauvres, plus précaires, plus perdus, la nouvelle classe dominante, vulgaire, inculte et prédatrice, sure de son impunité quoiqu’elle fasse.

Bref la qualité british dans toute sa discrète perfection.

Graham Hurley / Sur la mauvaise pente (One under, 2007), Folio/Policier N°624 (2011), traduit de l’anglais par Philippe Loubat-Delranc.

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