Un Camilleri sans Montalbano.

Tient un bouquin d’Andrea Camilleri sans Montalbano ! Et qui se passe même pas en Sicile !! Allons donc voir cette Intermittence.

Les loups ne se dévorent pas entre eux, les industriels oui. Dans le nord de l’Italie c’est la guerre, feutrée (à peine) entre les patrons de La Manuelli. Il y a le fondateur patriarche, dit le Vieux ; son fils Beppo, un incapable ; le directeur, De Blasi, un véritable requin … Il y a aussi des femmes trompées et humiliées, quelques barbouzes, un gigolo, un sénateur plus ou moins pourri. Bref, tout est en place pour que ça pète.

Et les ouvriers dans tout ça ? Quantité négligeable.

Ce n’est pas un grand Camilleri. Mais c’est un Camilleri quand même.

Donc on n’a pas les colères de Montalbano, ni l’écriture imagée et épicée de sicilien. Mais il y a toujours la patte du maître, son talent pour croquer les portraits, la vivacité de sa plume, les coups de griffes réjouissants aux puissants, de beaux portraits de femmes, et une intrigue pleine de rebondissements et de chausse-trappes.

On sent qu’il s’est amusé à écrire un vaudeville et à le mettre en scène dans le milieu des grands patrons d’industrie, avec ce qu’il faut de sensualité et de méchanceté. J’ai un peu ramé dans les premières pages pour me souvenir de « qui est qui », mais après un ou deux chapitres c’est parti, et parti à fond pour un vrai moment de plaisir.

Andrea Camilleri / Intermittence (L’intermittenza, 2010), Métailier (2011), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

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