Un western noir, Part one.

Parfois (souvent ?) on lit aussi un livre parce qu’il est publié chez un éditeur donné. Dans le cas qui nous intéresse (ou du moins qui m’intéresse) aujourd’hui c’est clairement le cas. Aurais-je ouvert Lonesome Dove (épisode 1) de Larry McMurtry s’il n’était pas publié chez Gallmeister ? Non. Aurais-je eu tord ? Oui.

Lonesome Dove, Texas, au bord du Rio Bravo (ou Grande suivant de quel côté on se place). En cette fin de XIX° il semble que l’ère des héros soit passée. Augustus McCrae et Woodrow Call ont été des héros, des personnages bigger than life. Rangers ils ont participé aux guerres contre les Comanches et à la lutte contre les bandits Mexicains. Maintenant ils végètent à Lonesome Dove, trou paumé écrasé de chaleur, où rien ne se passe. Alors quand Jake, lui aussi ancien ranger, vient leur promettre le Paradis pour les éleveurs de bétail dans le Montana, ils décident de repartir. Le temps de voler au Mexique quelques chevaux et un beau troupeau, et de recruter une équipe et les voilà en route. Une route qui se révèlera pleine de danger. Car en cette année 1880, le territoire est loin d’être entièrement pacifié et civilisé.

Avertissement au lecteur : Il faut accepter de prendre le temps de rentrer dans ce roman. Il faut accepter le rythme lent de l’auteur. Il faut dire qu’il ne se passe rien à Lonesome Dove, et que la chaleur écrasante n’incite pas à un dynamisme effréné … C’est le prix à payer pour rentrer dans l’ambiance, faire connaissance avec les personnages, s’imprégner de l’atmosphère, sentir les rapports entre les gens, commencer à apprécier l’humour de l’auteur … Et une fois qu’on est bien installé, ça démarre. Lentement, puis de plus en plus fort.

Au point que lorsqu’on arrive à la fin de ce premier épisode on est complètement accro. D’autant plus que l’auteur nous laisse en suspend, avec tous ses personnages (ou presque) suspendus du bout des doigts au bord de la falaise, et le méchant qui approche pour leur écraser la main …

Et puis quelle description d’un Ouest (ou d’un Sud) loin, bien loin des clichés et des images hollywoodiennes (que j’adore par ailleurs). Rude, crade, rustre, sans foi ni loi (ou du moins avec très peu de loi, et encore moins de foi), sans éducation, plus proche de Deadwood (de Pete Dexter) ou du True Grit des frères Coen que de la classe de James Stewart ou de Gary Cooper … Un monde que le roman dépeint dans toute sa dureté, dans l’âpreté de ses rapports de force, ce qui en fait, en plus d’un western, un véritable roman noir historique.

Larry McMurtry / Lonesome dove épisode 1 (Lonesome Dove, 1985), Gallmeister (2011), traduit de l’américain par Richard Crevier.

2 réflexions au sujet de « Un western noir, Part one. »

  1. Thierry

    Bonjour Jean-Marc,
    Après La marche du Mort et Lune Comanche, puisque je lis la quadrilogie dans son ordre chronologique, j’ai achevé il y a quelques jours le premier tome de Lonesome Dove.
    Et je suis bien content de l’avoir fini car, comme tu le dis toi-même, « il faut dire qu’il ne se passe rien à Lonesome Dove, et que la chaleur écrasante n’incite pas à un dynamisme effréné… C’est le prix à payer pour rentrer dans l’ambiance… ».
    Ouais, je veux bien, mais, plus de 500 pages sur ce rien, c’est assez pénible. Faut vraiment connaître McMurtry pour savoir qu’il sait faire autre chose que ce long, très long livre basé sur la psychologie de personnages assez primaires, la description d’une nature plutôt austère et la rudesse des rapports homme/femme.
    C’est un roman de transition, dans la conception proposée par Gallmeister, par lequel il faut passer et qui est le moins réussi pour qui s’attend à plus de rythme dans l’action et à la découverte de nouveaux horizons. La fin du livre laisse à penser que le deuxième tome sera plus engageant : Blue Duck réapparaît, les cow-boys gagnent (un peu) en maturité, bref, la conquête de la piste du Montana s’annonce plus palpitante.
    Je dois reconnaître qu’il y a tout de même de bons moments, mais, il faut aller les chercher : la description assez hallucinante d’un orage dantesque, la rencontre avec les deux jeunes irlandais, la mort effroyable d’un cavalier…
    Avec toujours en toile de fond, la description de cet Ouest américain marqué par l’ignorance crasse des cow-boys, les putains nostalgiques et si fragiles, la force des éléments naturels.
    L’image galvaudée du western hollywoodien en prend un sacré coup. C’est le but recherché, non ?

    Répondre
    1. actudunoir Auteur de l’article

      C’est certain qu’on est loin des cowboys style James Stewart. cela commence à faire un moment que je l’ai lu, mais je n’ai pas le souvenir de m’être ennuyé. Quand j’aurai le temps il faudra que je reprenne tout depuis le début.

      Répondre

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