Un western noir, Part two.

Après les pirates, les cowboys et les indiens. J’ai fait durer le plaisir et retardé de quelques semaines la lecture de la suite de Lonesome Dove le western de Larry McMurtry. Les vacances, la plage … Quoi de mieux pour attaquer ce pavé ?

La fin du premier épisode a vu les différents protagonistes un peu éparpillés : Lorena, beauté fatale de Lonesome Dove enlevée par un indien renégat ; Augustus McCrae l’ex Texas ranger sur leurs traces ; le shérif July Johnson, son beau-fils et son adjoint sur les traces de sa femme Elmira … Pendant ce temps, Woodrow Call (lui aussi ex Texas ranger) et ses cowboys continuent leur route vers le Montana, terre encore vierge, à la tête de trois mille têtes de bétail. Et les choses vont commencer à sérieusement se gâter …

Autant le premier épisode prenait le temps d’installer un rythme, une atmosphère, autant le second démarre sur les chapeaux de roues. Les rounds d’observation sont terminés et la castagne commence pour de bon. Alors attention, ça tombe dru. C’est qu’il est rude et sans pitié l’ouest de Larry McMurtry. Les indiens n’y sont pas gentils, les blancs non plus. Les uns sont la plupart du temps misérables et crèvent de faim, ce qui les rend d’autant plus teigneux quand ils ont une arme à la main. Les autres sont impitoyables, la loi du talion règne et la place des femmes n’est pas toujours enviable.

Ce sont pourtant bien elles les personnages forts et lucides du roman, face à des hommes qui fuient leurs responsabilités et leurs erreurs dans l’action, la guerre et la recherche, permanente, d’une nouvelle frontière. Une fuite en avant qui ne peut se terminer que par un drame. N’imaginez pas pour autant que la vie des femmes est faite de miel et de roses. Ce sont elles qui assument les tragédies, les morts, les vicissitudes du climat, et qui payent souvent de leur vie le moindre moment de faiblesse.

C’est un monde sans folklore, sans clichés, sans angélisme (c’est particulièrement flagrant dans la description des indiens ; pas de gentil indigène en communion avec la nature ici, la misère et les mauvais traitements rendent méchant ou apathique, et la victime n’attend qu’une occasion pour se transformer en bourreau), un monde à un tournant, celui qui voit arriver la fin des légendes et l’arrivée des gestionnaires, dans ouest plus proche de celui de Deadwood ou des Portes du paradis que de celui des John Wayne, James Stewart et Gary Cooper …

La force de McMurtry étant de montrer à la fois la grandeur et les limites de ces légendes (comme Augutus et Woodrow) et de laisser entrevoir les bienfaits et … les limites de l’arrivée des gestionnaires. Bref une magnifique réussite, qui fait souffler le vent des grands espaces, sentir le blizzard et la chaleur écrasante, ressentir le désarroi des hommes, la force des femmes et toute la grandeur d’un pays en pleine mutation.

Larry McMurtry / Lonesome Dove épisode II (Lonesome Dove, 1985), Gallmeister (2011), traduit de l’américain par Richard Crevier.

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