Arthur Dapieve, Black Music

Une curiosité chez Asphalte, petit roman d’un auteur totalement inconnu (du moins inconnu de moi) qui vaut le coup que l’on prenne le temps de le découvrir. Il s’agit de Black music du brésilien Arthur Dapieve.

DapieveMichael Philips, jeune américain de 13 ans vivant à Rio avec ses parents, est enlevé par un gang qui compte en tirer une rançon. Ses kidnappeurs, et leur chef Musclor, ne sont guère plus âgés que lui et veulent 200 000 dollars pour acheter des armes. Détenu dans une favéla, Michael, fan de jazz survit dans un mélange de rap (son ravisseur veut devenir rappeur), de funk (musique préférée de la favela) et du souvenir des chorus de Miles Davis … Le tout rythmé par les coups de feu des affrontements entre les différentes bandes.

Récit à trois voix, Michael, Musclor et Jo, une de ses très jeunes maîtresses. La langue change avec le narrateur, adopte son rythme, sa musique interne. Rythme et pulsation, vie au jour le jour, c’est cela qui donne sa dynamique au roman.

Portrait sans illusion d’un monde perdu, où la plus étonnante candeur côtoie la pire violence, où la cruauté peut voisiner une étrange innocence. Les ruptures de langue passent très bien, l’ensemble est cohérent et surprenant, tout autant que prenant. Une curiosité à ne pas manquer.

Arthur Dapieve/ Black music (Black music, 2008), Asphalte (2012), traduit du brésilien par Philippe Poncet.

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