Les mystères de Parry.

Après deux polars où elle mêlait présent et passé, enquête et médecine, Patricia Parry, avec Sur un lit de fleurs blanches, s’installe dans le XIX° siècle des grands feuilletonistes (tout en restant proche de la médecine). Avec, semble-t-il, beaucoup de plaisir, et pour le plus grand bonheur des lecteurs.

ParryParis, fin XIX°. Clara Saint-James est l’une des galantes les plus connues de la capitale. Son richissime amant, le comte de La Paillerie vient de passer l’arme à gauche. Il lui a laissé de quoi voir venir, mais lui a également demandé de remettre 100 000 francs à un jeune médecin, Victor Dupuy qui vient juste de s’installer. Pourquoi ce Victor dont Clara n’a jamais entendu parler ? Elle n’a guère le temps de s’en préoccuper. Quelques jours après la mort de son protecteur, Norbert, son jeune groom est retrouvé saigné dans un cimetière, couché sur un lit de fleurs blanches.

Alors que Clara et Victor décident d’enquêter, dans le Journal de France le scandale des jeunes garçons du peuple décimés par le « Saigneur » éclate, sous la plume du sulfureux Solveg. Dans le même temps le feuilleton à la mode du même journal raconte de sinistres soirées courues par les notables … Pour Clara et Victor la réalité ne va pas tarder à dépasser la fiction.

Plaisir, c’est le premier mot qui vient à l’esprit à la lecture de ce roman. Patricia Parry c’est visiblement beaucoup amusée à retrouver le ton des feuilletons de l’époque. Extraits de journaux, récits « à suivre demain », coups de théâtres, révélations extraordinaires, meurtres mystérieux … tout y est, tout est là pour nous faire revivre les frissons des Dumas et autres Eugène Sue.

Le lecteur jubile, s’émeut, fait semblant d’avoir peur … Et au passage apprend beaucoup de chose sur la condition des femmes, celle des enfants, le racisme déjà, l’ostracisme, déjà … On en apprend aussi beaucoup sur les débuts de ce qui deviendra la médecine moderne, des débuts balbutiants et bien risqués pour les pauvres malades ! Pour les amateurs d’Histoire, du grain à moudre également avec quelques faits historiques étonnants, que je ne développerais pas ici car ils font partie de la résolution de l’énigme.

Une vraie réussite, un grand plaisir de lecture, avec un goût d’enfance retrouvée assorti de ce qu’il faut de noir. Et en plus on finit moins bête !

Patricia Parry / Sur un lit de fleurs blanches, Le Masque (2012).

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