Tim Willocks pour les petits ?

Un Tim Willocks en littérature jeunesse, quand on a lu La religion ou Bad city blues ça parait un peu risqué. Risqué mais prometteur. N’écoutant que mon sens du devoir, j’ai donc décidé de lire Doglands avant de le mettre dans les pognes de mes deux affreux. Il y a des sacrifices plus douloureux.

Willocks doglandsLa fosse de Dedbone, véritable enfer canin. Les lévriers y sont parqués, réduits en esclavage et entraînés pour la course. Ceux qui ne font pas l’affaire sont éliminés. C’est là que naissent Fulgur et ses trois sœurs, promis à la mort. Si leur mère est Keeva est la plus rapide, leur père est un maraudeur exceptionnel qui, par amour, réussit à entrer et à ressortir de cet enfer. Bâtards, les quatre chiots sont promis à la mort. Mais Fulgur signifie « Brave » en langue chien. Il entend l’appel de Doglands, lieu mythique où courent les chiens libres, et il décide de se rebeller contre la tyrannie des hommes.

Pas de doute, on est bien chez Willocks, et c’est bien accessible aux minots.

On est chez Willocks, en premier lieu, parce qu’il y a une sacré histoire, c’est un conteur exceptionnel ce bonhomme, et cela se vérifie une fois de plus. On est chez Willocks parce qu’il y a de la colère, de la rage, de la révolte. On est chez Willocks parce ce que même quelqu’un qui comme moi n’aime pas les chiens se passionne pour les aventures de la bande. On est chez Willocks parce qu’il y a de la violence, jamais gratuite, mais bien présente. On est chez Willocks car il y a une écriture puissante et poétique et de grands moments d’émotion.

Et c’est accessible parce que, heureusement dirais-je, la violence n’atteint pas les niveaux de ce qu’on peut lire dans ses romans adultes. Essentiellement pour ce qui est de la violence psychologique. Parce que ça saigne quand même pas mal et un certain nombre de personnages restent sur le carreau.

Je m’apprête donc à le lire à mes deux clients préférés, je vous dirai s’ils ont autant aimé que moi.

Tim Willocks / Doglands (Doglands, 2011), Syros (2012), traduit l’anglais par Benjamin Legrand.

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