Un nouveau flic galicien

Bientôt, ici l’annonce des candidats au prix Violeta Negra 2012 qui sera remis lors de la prochaine édition de TPS. En attendant, c’est dans le cadre de la sélection des romans que j’ai découvert un nouveau flic et un nouvel auteur : Domingo Villar est espagnol, galicien plus précisément et La plage des noyés voit l’arrivée d’un nouvel enquêteur, le taciturne Leo Caldas.

Leo Caldas est galicien d’origine et flic à Vigo. Taiseux comme ses compatriotes il fait le désespoir de son adjoint, le bouillant aragonais Rafael Estevez. D’autant plus qu’il semble accepter que personne ne parle, même quand ils découvrent le cadavre de Justo, un pêcheur mort noyé, les mains attachées. Cela pourrait être un suicide, l’homme étant réputé triste et presque déprimé. Mais sa sœur est persuadée que Justo a été tué. Et dans le village on raconte des histoires d’un bateau fracassé des années auparavant, et de son capitaine, mort durant le tempête qu’on aurait revu récemment …

Voilà le cas d’école d’un polar qui, sans être la révélation de l’année, fait passer un très bon moment. Rien de révolutionnaire, ni dans le fond (enquête classique menée par deux flics), ni dans la forme, l’écriture est très classique. Mais c’est du travail soigné, bien fait, avec tout ce qu’on peut apprécier quand on voyage au travers d’un polar.

Des personnages intéressants et bien construits, une intrigue solide, bien menée avec ce qu’il faut de fausses pistes et de coups de théâtre, et la découverte d’un lieu, d’un milieu et d’une population assez peu connue par ici : la Galice, cette province du bout de l’Espagne, du bout de l’Europe même.

L’éclairage est mis plus précisément sur un monde peut-être sur le point de disparaître, celui des pêcheurs côtiers. Un métier rude, dangereux, de plus en plus aléatoire maintenant que les rias, (ces fjords galiciens) sont presque vides de poissons et que les pêcheurs sont obligés, de plus en plus, de braver les éléments au large.

Comme l’auteur sait aussi prendre le temps de décrire un rayon de soleil sur un paysage étincelant, ou le goût d’un verre de blanc accompagnant une terrine de coques, on n’a pas le roman de l’année mais un polar très recommandable et un auteur et un personnage qu’on aura plaisir à retrouver.

Domingo Villar / La plage des noyés (La playa de los ahogados, 2009), Liana Levi (2011), traduit l’espagnol par Dominique Lepreux.

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