Ca castagne avec Druss

Je viens de me faire traiter (très gentiment) d’intellectuel bourgeois par le père Leroy. D’ailleurs j’assume, quitte à prendre lourd … Ben l’intellectuel bourgeois, comme tout le monde, a droit lui aussi a sa petite régression, à son moment de retour en arrière, à son quart d’heure de détente. Surtout quand il a la chance d’avoir des minots qui grandissent en lisant. Gaby vient donc de découvrir (j’y suis pour quelque chose) un des bouquins qui, il y a une vingtaine d’année, m’avait enchanté, à savoir Légende de David Gemmell. Je m’en souviens encore, quatre cent pages de castagne, pour une version médiévale de Fort Alamo qui tient en haleine du début à la fin. Du coup, je lui ai aussi acheté Druss la légende … et je lui ai piqué.

gemmell_ drussDruss est un jeune bucheron pas forcément très fin ni très malin, mal à l’aise avec les autres, coléreux et très costaud. Il ne trouve la paix qu’auprès de sa jeune épouse Rowena. Pas de quoi écrire une histoire … Jusqu’à ce qu’une bande de pillards débarque, massacre son village, trucide son père et enlève Rowena en faisant une seule erreur : laisser Druss en vie. Son père mourant a juste le temps de lui révéler la cache où il trouvera Snaga, la hache de son grand-père, tueur de sinistre mémoire. Avec l’aide d’une sorte de justicier, Druss va partir à la poursuite des ravisseurs, et commencer à forger sa légende.

Attention, c’est de la fantasy style poil aux pattes. Beaucoup de castagne, pas beaucoup de personnages féminins (sauf comme moteur des aventures), glorification du courage, de la résistance à la douleur, de la fidélité, humour de vestiaire de rugby … Même s’il a ses zones d’ombres (toutes petites) Druss est le héros dans toute sa splendeur, plus John Wayne que Harvey Keitel ou Christopher Walken. Donc prière de poser la partie du cerveau trop sujette aux pinaillages avant d’ouvrir le bouquin.

Mais, mais … Quel putain de talent de conteur ! Scrogneugneu, je me suis fait attraper comme il y a vingt ans ! Une fois le bouquin ouvert, impossible de le lâcher, je l’ai lu en deux soirées. Pour le pur plaisir de l’histoire, comme un môme, les yeux écarquillé attendant le prochain exploit de l’insubmersible Druss. Il était une fois … et c’est parti.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, je conseille quand même de commencer par Légende, premier roman de David Gemmell qui raconte la fin de Druss. Parce ce que quand un grand conteur s’empare d’une histoire style Fort Alamo, ça déménage.

Ici, étrangement, j’ai trouvé une forte influence de la série d’Elric de Moorcock (autre grand souvenir de lectures anciennes), dans la construction qui ressemble à une suite d’histoires sommairement reliées par un mince fil conducteur, et surtout avec Snaga, arme maudite, pendant de Stormbringer d’Elric, avec Druss qui, comme Elric, doit combattre parfois son penchant à la violence … Avec la différence que Gemmell, plus gentil ou plus hollywoodien, (ou moins subtil ?) retombe toujours du côté « du bien » là où Elric est beaucoup plus sombre.

Bref, si vous avez envie d’une bonne récréation et que vous avez un peu de temps devant vous, essayez David Gemmell … d’ailleurs, pour les vacances à venir, j’ai déjà acheté à mon fils la trilogie Waylander, et je sens que je vais la lui emprunter, j’ai besoin de vacances.

David Gemmell / Druss la légende (The first chronicles of Druss the legend, 1994), Bragelonne (2002), traduit de l’anglais par Alain Névant.

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