Cristina Fallaras, âmes sensibles s’abstenir.

Quand un nouvel auteur espagnol apparaît chez Métailié, je me précipite. Si en plus j’ai eu l’occasion d’entendre des gens comme Carlos Salem, Paco Taibo II ou Raul Argemi dire que c’était un putain d’auteur et un putain de livre (en ces termes à peu près), je me précipite encore plus vite. Deux petites filles de Cristina Fallarás ne m’a pas déçu.

fallarasVictoria González, ancienne journaliste est privée à Barcelone. Privée et enceinte. Elle reçoit, de façon anonyme, une forte somme d’argent et la demande d’enquêter sur la disparition de deux petites filles, deux sœurs enlevées en plein jour. Le cadavre de la première a déjà été retrouvé. Elle a été mutilée avant d’être tuée. Une sale enquête commence, une enquête aux frontières de la folie.

Ils nous avaient avertis les latinos, les bouquins de Cristina secouent salement. Et celui-ci a reçu le prix Hammett 2012. N’empêche que, bien que prévenu, il faut s’accrocher.

Même si je sais que le thème rebattu de tables rondes en mal d’inspiration « y a t’il un polar féminin » est un grosse connerie, j’ai quand même rarement vu des auteurs masculins se permettre d’être aussi durs avec leurs personnages féminins.

Vicky est une dure à cuire, une vraie, avec des côtés pas franchement aimables. Des côtés qui font même peur par moment … Et quelle cruauté, quelle méchanceté dans certains portraits féminins. La dent est dure, et drôle, mais de l’humour très noir.

Alors certes, comme souvent dans les romans écrits par des hispanophones, l’intrigue passe au second plan, ce qui compte c’est la peinture d’une ville bien loin des ramblas et bars à tapas pour touristes, et surtout de superbe portrait d’hommes et de femmes, souvent aux limites de la loi et de la folie, des portraits qui prennent aux tripes. Espérons que nos reverrons Vicky, sa noirceur, sa dent dure, sa méchanceté. Encore une belle découverte chez Métailié.

Cristina Fallarás / Deux petites filles (Las niñas perdidas, 2011), Métailié (2013), traduit de l’espagnol par René Solis.

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