David Vann, est-ce que j’aime ?

David Vann est loin d’être un inconnu pour les amateurs de littérature, et pas seulement policière. Cette découverte des excellentes éditions Gallmeister a fait parler de lui dès son premier roman Sukkwan Island puis de nouveau avec Désolation. Par un de ces mystères de rendez-vous ratés, de bon moment qu’on laisse passer, je n’ai lu ni l’un ni l’autre. Je me rattrape donc avec Impurs, sa troisième œuvre traduite.

couv rivireQuelque part en Californie, sous le soleil écrasant de l’été, Galen, adolescent attardé de 22 ans vit avec sa maman, le prototype de la mère étouffante. Ils ont plus ou moins capté la fortune de la grand-mère qui souffre de pertes de mémoire et tout pourrait stagner ainsi, ad vitam aeternam, sans les visites d’Helen, la tante, et de Jennifer, la cousine. Les deux sœurs se haïssent, et Jennifer s’amuse à allumer de façon outrancière un Galen paumé entre ses hormones et des prétentions à la transcendance. Tout ça ne peut que très mal finir …

Je ne dirais pas que j’ai aimé ce roman. Par contre j’ai été sacrément impressionné. David Vann décrit comme personne la cellule familiale comme lieu d’enfermement et d’aliénation. Il rend perceptible dans ses moindres détails la montée de la folie, la relation amour/haine, la névrose du fils, les rancœurs entre les sœurs, le désarroi de la grand-mère qui perd ses repères un à un, les non-dits de l’histoire familiale qui entretiennent la haine …

Au plus de cela il nous fait ressentir la chaleur, le soleil, la terre, le bruit de la rivière …

Tout cela est très impressionnant. Ensuite tout est question de goût et de centre d’intérêt. Les thématiques abordées ne sont pas de celles qui me passionnent. Traitées avec moins de talent et de maestria, je n’aurais sans doute pas terminé le bouquin. David Vann les élève à un niveau qui fait qu’on lit, fasciné et curieux de savoir, non pas si ça va mal finir, mais comment ça va mal finir.

Impressionnant donc, mais de là à dire que je lirai le prochain ou que j’ai envie de lire les premiers, il y a un pas que je ne suis pas certain de franchir …

David Vann / Impurs (Durt, 2012), Gallmeister (2013), traduit de l’américain par Laura Derajinski.

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