Digne petit-fils de Marc Behm

Encore un bouquin qui était resté coincé sous une pile … mais comme je suis un inconditionnel du regretté Marc Behm, j’avais bien enregistré, dans un petit coin de ma petite tête, que j’avais par là un bouquin de son petit-fils Jeremy Behm. Certes l’hérédité ne fait pas tout, mais j’avais un préjugé favorable. Démolitions en tous genres m’a prouvé que je n’avais pas tord.

démolitions en tout genre.inddKraken syndrome : Un chirurgien aisé de la côte ouest reçoit la visite d’un ancien copain de bringue qu’il avait perdu de vue depuis des années. Il le supplie de l’aider et commence à lui raconter une histoire absolument incroyable. Et pourtant …

Poisson rouge : Un jeune homme agoraphobe survit en milieu complètement fermé, dans un appartement où il ne laisse rien entrer, avec pour seul contact avec l’extérieur la télé et un site d’échanges où un dénommé Mickey lui donne de bons conseils. Jusqu’au moment où tout commence à se détraquer et où la muraille qui l’isolait du monde se lézarde …

Le système Dean : Un père de famille au chômage se débat pour survivre à la crise. Heureusement son frère, colosse toujours plein d’entrain, l’aide. Et un jour lui propose de travailler avec lui, un drôle de travail …

Entre gens de bon goût : Deux grands bourgeois, richissimes, vivent dans un monde parfaitement ordonné et aseptisé. Jusqu’au jour où un drôle de couple vient leur proposer une forme de charité … inédite.

Quatre histoires à l’humour noir, très noir. On sourit souvent avant de s’épouvanter et on retrouve chez le petit-fils, l’imagination débridé et l’humour particulièrement grinçant du grand-père. Quatre textes différents, avec une légère anticipation, un grand classique du récit de braquage, un autre classique autour de la quête d’identité et de la mémoire perdue, et pour finir une belle nouvelle très noire, cynique et critique qui se termine en grosse éclaboussure d’un noir sans fond.

Quatre textes qui ont en commun un regard décalé et une touche de Grand-Guignol un peu sinistre qui les pimente. Ajoutons que Jeremy Behm fait preuve d’un sens de la construction et de la chute digne des plus grands spécialistes de la nouvelle, en particulier dans Poisson rouge  et Entre gens de bon goût.

Parfait pour sourire et avoir quelques cauchemars !

Jeremy Behm / Démolitions en tous genres, Rivages/Noir (2012).

PS. Pour aller plus loin vous pouvez aller lire cette interview réalisée par le concierge (dé)masqué.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s