Poulpe ou Calmar ?

Parfois, bêtement, on enterre un bouquin sous les piles et on l’oublie. Heureusement, de temps en temps on fait du rangement. C’est comme ça que Nuoc mâm Baby de Jan Thirion est réapparu, miraculeusement, sur ma table de nuit.

Azraël Zirékian, dit le Calmar est un privé sans agence, un anar sans attache, un empêcheur de tourner en rond. Quand son ami d’enfance Jean-Marie Nguyen, qui a connu le succès international comme chanteur de charme sous le nom de Danh vient le chercher dans le bar où il passe ses journées, il ne peut lui dire non. Le voilà parti vers le Vietnam, sur les traces d’odieux trafics d’enfants volés. Une fois de plus le Calmar va aller fourre ses tentacules là où on ne veut pas de lui.

Réglons tout de suite le problème éditorial. Pourquoi donc aller inventer ce personnage, copie conforme de notre Poulpe national, avec les mêmes goûts, les mêmes opinions, les mêmes … tout ? Surement pas pour le seul plaisir de lui ajouter deux tentacules. Surement pas non plus pour faire la guerre à Jean-Bernard Pouy amplement remercié et cité tout au long de l’ouvrage. Cela doit être une sombre question de droits, d’éditions, de machin et de truc qui finalement ne concerne guère le lecteur.

Nous pouvons maintenant en venir au roman lui-même. Qui est fort recommandable, au même titre que les meilleurs épisodes de son cousin le Poulpe. Cela m’est d’ailleurs apparu comme une évidence à la lecture : Il y a longtemps qu’on aurait dû avoir un Poule signé Jan Thirion.

Il a l’imagination, la fantaisie, la liberté stylistique, la verve, la capacité d’indignation, la méchanceté … Bref tout ce qu’il faut pour faire un bon Poulpe, ou en l’occurrence un bon Calmar. On sourie donc souvent.

Ce qui fait de ce roman qu’il est un peu plus que cela, c’est l’émotion des chapitres racontés par une gamine victime des affreux de service. Emotion qui vient de la justesse de ton et de l’apparente simplicité de l’écriture qui colle au personnage et nous cueille à l’estomac. Associé à un final en demi-teinte qui voit des « gentils » non pas gagner, mais pour une fois ne pas perdre. Un final à l’ironie teintée d’un réalisme sans illusion.

Petite cadeau pour les amateurs de polars, l’apparition de quelques collègues et les fréquentes références au Merle, un des grands canulars de l’incontournable Pouy. Bref, si vous aimez les Poulpes, vous aimerez ce Calmar.

Jan THirion /Nuoc mâm Baby, Krakoen (2012).

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