Maurizio de Giovanni, La méthode du crocodile

Sauf erreur de ma part, on a découvert en France Maurizio de Giovanni avec le premier roman d’une série se déroulant à Naples à l’époque fasciste. Et j’espère bien avoir un de ces jours des nouvelles du commissaire Ricciardi. En attendant, on peut patienter avec un autre roman, contemporain celui-là, La méthode du crocodile.

GiovanniNaples. Un jeune dealer est abattu d’une balle dans la nuque. Pour la police, pas de doute, le meurtre est lié à la camorra. Seul l’inspecteur Lojacono, sicilien exilé à Naples suite à l’accusation mensongère d’un mafieux, n’est pas convaincu. Pour lui certains détails ne cadrent pas. Quand une jeune fille de bonne famille, sans lien apparent avec la première victime est abattue de la même façon, la presse s’affole, la police se retrouve sous pression, et Lojacomo se voit conforté dans son idée. Comme sur place on a trouvé des mouchoirs imbibés de liquide lacrymal, les journalistes tiennent leur scoop, le tueur devient Le crocodile.

Ce roman n’a pas la complexité, l’originalité et la profondeur de L’hiver du commissaire Ricciardi qui nous avait fait connaître l’auteur. Mais ce n’est pas une raison pour le bouder. Car s’il est moins riche, il reste un excellent divertissement, une intéressante variante du thème rabattu maintes fois du serial killer.

Tout d’abord parce que l’intrigue est tirée au cordeau, avec ce qu’il faut de tension et de relâchement, avec une maîtrise du rythme parfaite, jusqu’à l’emballement final, et surtout avec une façon très intéressante de frôler le cliché pour s’en écarter au dernier moment (lisez, vous comprendrez).

Ensuite parce que les personnages sont intéressants, avec ce qu’il faut de failles et de douleurs anciennes, et ce qu’il faut de force et d’obstination pour aller au bout de leur destin.

Et pour finir, comme dans le roman précédent, pour la vision d’une ville de Naples qu’il offre. Une ville loin des clichés, sans soleil, sans joie de vivre, où il est très facile de passer inaperçu et de ne parler à personne, où la camorra est certes présente partout, mais pas pour autant coupable de tous les crimes de la ville. Une ville grise, qui tourne le dos à la mer et se replie sur elle-même … c’est sûr, c’est pas avec ça qu’il va être embauché par l’office du tourisme …

En résumé, un excellent divertissement haut de gamme.

Maurizio de Giovanni / La méthode du crocodile (il metodo del coccodrillo, 2012), Fleuve noir (2013), traduit de l’italien par Jean-Luc Defromont.

4 réflexions au sujet de « Maurizio de Giovanni, La méthode du crocodile »

  1. Meyer Meyer

    Plus qu’un excellent divertissement haut de gamme, un excellent bouquin ! Certes le terme du serial killer n’est pas nouveau mais quand il est bien traité ça donne de grands romans ( cf Ellroy, Nesbo, Mankell, Meyer, etc). Pour ne rien gâcher le personnage central est très réussi. Un livre plus que hautement recommandable Après la lecture de 3 saisons du commissaire Ricciardi et de ce livre, un évidence : Maurizio de Giovanni est un grand.

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  2. Françoise Croville

    C’était le seul que je n’avais pas encore lu (j’attends le prochain Ricciardi avec impatience, évidemment). Ben, il m’a encore eue de Giovanni : cette série, si elle n’a pas le charme des Ricciardi, est quand même excellente et l’auteur a l’art et la manière de nous mettre en empathie avec ses personnages. Et encore une fois, j’ai eu la larme à l’oeil, ce qui ne m’arrive quand même que très rarement, même avec les plus grands auteurs. Tout à fait d’accord : c’est aussi un grand.

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