La brèche de Christophe Lambert

En attendant de me plonger dans l’ouragan de la rentrée je ressors quelques bouquins achetés il y a longtemps et qui trainent depuis sur mes étagères. En essayant de varier et de lire un peu de SF. C’est comme ça que je suis tombé sur La brèche de Christophe Lambert.

Lambert2060 un scientifique a trouvé le moyen de dompter les trous de vers, et par ce biais de voyager dans le temps. L’application a été sans surprise captée par les militaires. Mais également par ce que la télévision fait de plus racoleur. Ce qui a donné lieu à un nouveau programme de téléréalité : les spectateurs assistent en direct à des événements marquant du passé. Devinez, ont-ils choisi de voir Picasso en train de créer ? Un discours de jaurès ou de Martin Luther King ? Non. Ce qui marche c’est l’assassinat de Kennedy ou le suicide de Marilyn … Mais même ça s’essouffle, alors un petit génie à l’idée d’envoyer deux reporters suicidaires sur les plages de Normandie un certain 6 juin 44. Là coco, on va faire de l’audience ! Et tant pis si quelque chose se détraque …

Evacuons tout de suite deux petites restrictions. Le final un peu gentillet. Mais bon, l’auteur avait aussi le droit de se faire plaisir, et puis l’épilogue, méchant à souhait, rattrape bien le tout.

Ensuite j’imagine que les amateurs purs et durs de SF doivent tiquer devant le traitement un poil simpliste des histoires de paradoxes temporels. Et ils ont sans doute raison.

Mais franchement, à la lecture ça ne m’a pas dérangé. Et à côté de ça, quel rythme ! Fan de chichourle comme on dit, ça déménage. Une exposition qui part sur les chapeaux de roues. Une présentation des personnages impeccables. Une exposition du concept, toujours plus pourri, de notre télé du futur réjouissant de cynisme et de méchanceté. En bref une première partie absolument jubilatoire.

Ensuite plat de résistance, le débarquement, et là ça secoue franchement. On n’est plus dans la SF mais dans le roman historique, avec sang, sueur et larmes, tripes et boyaux, trouille et courage, le tout en technicolor, ou plutôt en gris clair et gris foncé, pluie, fracas des armes, cris des blessés. Chapeau, c’est concis, et impressionnant.

Le final revient vers la SF avec un petit côté guerre des mondes très plaisant et tout aussi bien maîtrisé.

Bref, 200 pages (et oui tout ça tient en 200 pages) qui se lisent à toute vitesse, dans un mélange d’effroi et de sourire. Puis qui fait réfléchir, un peu, sur ce que devient la machine à décerveler qui vend des minutes de cerveau disponible … Si vous cherchez encore un roman facile à glisser dans la poche pour quelques heures de train, d’avion ou de chaise longue, celui-ci fera parfaitement l’affaire.

Christophe Lambert / La brèche, Pocket/Science Fiction (2007).

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