Frank Bill, Donnybrook

On a découvert Frank Bill l’an dernier avec Chiennes de vie, un recueil de nouvelles qui secouait. Comme un roman était annoncé pour cette année, c’est peu de dire que je l’attendais avec impatience. Par rapport au peu qu’on pouvait connaître de l’auteur au travers de son recueil, Donnybrook surprend, mais ne déçoit pas.

BillQuelque part dans l’Amérique des petits blancs, le chômage fait des ravages, l’alcool et les cristaux de met bon marché n’aident pas. Au milieu de ce nulle part sinistré, un margoulin organise tous les ans des combats clandestins : Vingt combattants, mains nues, et le dernier qui reste debout gagne. Au bout de quelques jours de ce régime, les différents vainqueurs se rencontrent pour la finale. C’est le Donnybrook. C’est là que vont converger : Marine, un pugiliste surdoué et complètement fauché qui doit gagner pour faire manger ses gamins, Angus La Découpe, légende des combats retiré depuis quelques temps qui veut récupérer la dope qu’on lui a volée, Liz, sa sœur, décidée à trahir tout le monde et à butter ceux qui se mettent en travers de son chemin, et quelques autres tout aussi recommandables. La rencontre promet d’être explosive.

Faut r’connaître … C’est du brutal.

Si je suis surpris c’est qu’à la lecture des nouvelles précédemment publiées je m’attendais à un roman très sombre, brutal, et désespérant. C’est certes brutal, très sombre si on regarde sous le vernis, mais pas désespérant du tout tant l’auteur joue la carte de l’outrance. On est plus dans le style Machete, ou de certaines scènes de Kill Bill que dans le social qui tire des larmes.

Alors avertissement, si vous n’aimez pas trop la castagne, le sang et les tripes, les dents qui volent, passez votre chemin. Sinon, ça déménage tellement, les personnages ont une résistance aux gnons tellement absurde, que ça en devient drôle, ou au moins jouissif. On se demande où Frank Bill va s’arrêter, et … Ben il ne semble pas avoir de limites. C’est là que ça devient jouissif. Mieux, le final laisse entrevoir une suite. OUAIS !!!!!!!!!!!!!!!! Comme braillent les gaulois avec fairplay à l’entrée d’Astérix dans l’arène.

Alors certes c’est pas ce qui s’écrit de plus fin, ni de plus nuancé, mais quelle énergie ! Et mine de rien, sous le vernis à la testostérone, la peinture d’une Amérique blanche, pauvre, campagnarde et inculte, qui noie son désespoir dans l’alcool, la drogue et la violence. Une Amérique qui n’a plus d’autre valeur que l’appât du gain et la satisfaction individuelle.

C’est particulier, mais moi je me suis régalé. Et j’attends la suite avec impatience.

Frank Bill / Donnybrook (Donybrook, 2012), Série Noire (2014), traduit de l’américain par Antoine Chainas.

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